CA9I&DA
Dm, c'est très-ârtn usant.
LA REINE
Casilda, j€ t'invite.
CASILDA, a "ptLVty regardant la camerera. /
Oh I respectable aîeultef j
LA DUCHESSE , arec une révérence.
Quand le roi n'est pas là, la reine mange seule,
(Elle arianied.)
~ LA REINE , ponsseie à fioat.
Ne pouvoir, — ô mon Dieu ! qu'est-ce que jfe ferai? — Ni sortir, ni jouer, ni manger à mon gré !
Vraiment, je meurs depuis un an que je ^is reine. CASILDA y à part , la regardant avec compassion.
Pauvre femme 1 passer tous ses jours dans la gène, ^^
Au fond de cette cour insipide ! et n^avoir D'autre distraction que le plaisir de voir, . ( * . ^ Au bord de ce marais à l'eau donnante et plate,
(Regardant don Guritan, toujours immobile et debout au fond
de la chamlire.)
Un vieux comte amoureux rêvant ^ur une pat le I
LA REINE, à Casilda»
Que faire? voyons l cherche une idée.
CASILDA.
Ah! tenez I
En l'absence du roi, c'est vous qui gouvernez. Faites, pour vous distraire, appeler les ministres l LA REINE , haussant les épanlss.
Ce plaisir! — avoir lu huit visages sinistres Me parlant de la France et de son roi cadiu\ De Rome, et da portrait de monsieur l'archiduc^
Qu'on promène à Burgos, parmi des cavalcades, Sous un dais de drap d'or porté par quatre alcades ! — Cherche autre chose.
CÀSILDÀ.
£h bien, pour vous désennuyer, Si je faisais monter quelque jeune écuyerî
LA REINE
Casilda !
CASILDA.
Je voudrais regarder un jeune homme, Madame, cette cour vénérable m'assomme.
Je crois que la vieillesse arrive par les yeux, Et qu'on vieillit plus vite à voir toujours des vieux I
LA REINE
Ris, folle 1 — 11 vient un jour où le cœur se reploie. Comme on perd le sommeil, enfant, on perd la joie.
(Pensive.)
Mon bonheur, c'est ce coin du parc où j'ai le droit D'aller seule.
CASILDA.
Oh ! le beau bonheur I l'aimable endroit I Des pièges sont creusés derrière tous les marbres. On ne voit rien : les murs sont plus hauts que les arbres.
LA REINE
oh 1 je voudrais sortir parfois î
CASILDA, bas.
Sortir! Eh bien, Madame, écoutez-moi. Parlons bas. Il n'est rien De tel qu'une prison bien austère et bien sombre Pour vous faire chercher et trouver dans son ombre Ce bijou rayonnant nommé la clef des champs.