ACTE II, SCÈNE I
— Je l'ai I -^Qnand vous voudrez, en dépit des méchants, Je vous ferai sortir, la nuit, et par la ville Nous irons.
LA REINB. #
Gel ! jamais! tais-toi!
CÀSILDÀ.
C'est très-facile !
LA REINE
Paixl
(Elle s'éloigne nn peu de Catilda et retombe dans sa rêverie.)
Que ne sais-je encor, moi qoi crains tons ces grands. Dans ma bonne Allemagne avec mes bons parents I Comme, ma sœur et moi, nous courions dans les herbes! Et puis des paysans passaient, traînant des gerbes ; Nous leur parlions. C'était charmant. Hélas I un soir, Un homme vint, qui dit, — il était tout en noir ; Je tenais par la main ma sœur, douce compagne : — « Madame, vous allez être reine d'Espagne. »
Mon père était joyeux, et ma mère pleurait.
Ils pleurent tous les deux à présent. — En secret Je vais faire envoyer cette boîte à mon père, Il sera bien content. — Vois, tout me désespère : Mes oiseaux d'Allemagne, ils sont tous morts!
(Casilda fait le signe de tordre le cou à des oiseaux en regardant
de travers la camerera.)
Et puis On m*empéche d'avoir des fleurs de mon pays. Jamais à mon oreille un mot d'amour ne vibre. Aujourd'hui je suis reine ; autrefois j*étais libre. Comme tu dis, ce parc est bien triste le soir, Et les murs sont si hauts, qu'ils empêchent de voir. — Ohl l'ennui!
(On entend au dehors un chant éloigne.)
Qu'est ce bruit?
CASILDA.
% Ce sont les lavandières
Qui passent en chantant, là-bas, dans les bruyères.
(Le chant se rapproche. On distingue les paroles. La reine écoute
avidement.)