ACTE II, SCÈNE V
Toat à l'heure on disait, parmi d'aatres paroles, — Casilda, — - vous savez que les femmes sont folles, Casilda, soutenait que vous feriez pour moi Tout ce que je voudrais*
DON GURITÀN.
Elle a raison.
LA REINE, riant.
Ma foi.
J'ai soutenu que non.
DON GURITAN.
Vous avez tort, madame !
LA REINE
Elle a dit que pour moi vous donneriez votre âme. Votre sang....
DON GURITAN.
Casilda parlait fort bien ainsi.
LA REINE
Et moi, j^ai dit que non.
DON GURITAN.
Et moi, je dis que si !
Pour Votre Majesté, je suis prêt à tout faire.
LA REINE
Tout?
DON GURITAN.
Tout!
LA REINE
Eh bien ! voyons, jurez que pour me plaire Vous ferez à l'instant ce que je vous dirai.
DON GURITAN.
Par le saint roi Gaspar, mon patron vénéré, Je le jure ! ordonnez. J'obéis ou je meure !
LA REINE , preuant la cassette.
Bien. Vous allez partir de Madrid tout à l'heure Pour porter cette boite en bois de calambour A mon père, monsieur l'électeur de Neubourg.
DON GUEITAN, à part.
Je suis pris !
(Haut.)
A Neubourg?
LA REINE
A Neubourg.
DON GURITAN.
Six cents lieues !
LA REINE
Cinq cent cinquante. —
(Elle montre la housse de soie qui enveloppe la cassette.)
Ayez grand soin des franges bleues !
Cela peut se faner en route.
DON GURITAN.
Et quand partir ?
LA REINE
Sur-le-champ.
DON GURITAN.
Ah I demain !
Je n'y puis consentir.
DON GURITAN , à paît.
Je suis pris !
(Haut.)
Mais...
LA REINE
Parlez !