ACTE III, SCENE I
LB ^ÇOli^ DE CAMPOREAL.
Il vît d'une façpn qui n'est pas naturelle :
D'abord, miant ^ la mae. il ne la voit jamais;
Ils paraissent se fuir. Vous me direz non ; mais
Comme depuis six mois je leçguettej^ et nouç cause, ' y- '
J en suis sur. Puis il a le caprice morose ^ ' * ''
D'habiter, assez près de Thôtel de Tormez,
Un logis aveuglé par des volets fermés.
Avec deux laquais noirs, gardeurs de portes closes,
Qui, s'ils n'étaient muets, diraient beaucoup de choses,
DON MANUEL ARIAS
Des muets?
LE COMTE DE CAMPOREAL
Des muets. — Tous ses autres valets Restent au logement qu'il a dans le palais.
DON MANUEL ARIAS
C'est singulier.
DON ANTONIO UBILLA , qui s'est approché depuis
quelques instants.
Il est de grande race en somme.
LE COMTE DE 4CAMPOREAI
L'étrange, c*est qu'il veut faire son honnête homme !
(A don Manuel Arias.) . / '
— II est cousin, — aussi Santa-Cruz l'a poussé ! — De ce marquis Salluste^ écroulé Tan passé. — Jadis, ce don César, aujourd'hui notre maître* Riait le plus grand fou que la lune eût vu naître ; C'était un drôle, — on sait des gens qui l'ont connu, Qui prit un beau matin son fonds pour revenu. Qui changeait tous les jours de femmes, de carrosses. Et dont la fantaisie avait des dents féroces
Capables de manger en un an le Pérou.
Un jour il s'en alla, sans qu'on ait su par où.
j L'âge a du fou joyeux fait un sage TortiTude. / ' /j ^ /-^^x ^•
■-, /j ffli^ y^ COMTE DE CAMPOREÀL.
■^ ' ' ToutVmle 2^'jWgLSI^^^^^ 7 W^'X-^
UBILLA, ^ ^
Je le crois honune probe.
LE COMTE DE CAMPOREÀL, riant.
^ I ^J. Oh ! candide Ubillal Qui se laisse^ èbloair à ces probités-là !
(D*im ton significatif.)
La maison de la reine, ordinaire et civile,
(Appuyant sur les chiffres.)
Coûte par an six cent soixante-quatre raille Soixante-six ducats! — c'est un Pactole, obscur >, Où, certe, on doit jeter le ulet a coup sûr! ^
Eau trouble, pèche claire.
LE MARQUIS DE PRIE60, sarvenant.
Ah çà, ne vous déplaise.
Je vous trouve imprudents et parlant fort à l'aise. Feu mon grand-père, auprès du comte-duc nourri, Disait : « Mordez le roi, baisez le favori. » Messieurs, occupons-nous des affaires publiques.
(Tous s'asseyent autour de la table : les uns prennent des plumes, les autres feuillettent des papiers. Du reste, oisiveté générale. Moment de silence.)
MONTAZGO, bas, à Ubilla.
Je VOUS ai demandé sur la caisse aux reliques "^
De quoi payer l'emploi d'alcade à mon neveu.
UBILLA, bas.
Vous, vous m'aviez promis de nommer avant peu