ACTE III, SCENE I
Mon cousin Melchior d'EIva bailli de TÈbre.
ffOVT^JGO , se Tenant.
Nous venons de aoter .votre fille : on célèbre Encor sa noce. -—On est sans relâche assailli.. ••
UBILLA, bas.
Vous aurez votre alcade.
MONTÀZGO, bas.
Et vous votre bailli.
(Ils se serrent la main.) COVADENGA , se leyant.
Messieurs les conseillers de Castille, il importe,
Afin qu'aucun de nous de sa sphère ne sorte, ^
De bien régler nos droits et de faire nos parts^^ - '*
Le revenu d'Esoagne en cent mains est é]|!iars;
C'est un Sàuieur public, il faut y mettre un tu'me.
Les uns n'ont pas assez, les autres trop. La ferme
Du tabac est à vous, XJbilla. L'indigo
Et le musc sont à vous, marquis de Priego.
Campor eal perço it l'impôt des huit mille homn^cs,
L'almojarirazgô/îe sel, mille autres sommes,
Le quint du cent de l'or, de l'ambre et du jayct.
(A Montasgo.)
Vous qui me regardez de cet œil inquiet.
Vous avez à vous seul, grâce à votre manège, L'impôt sur l'arsenicetle droit sur la çei^; Vous avez les ports sécs^es cartes, le laiton. L'amende des bourgeois qu'on punit du bftton, La dîme de la mer, le plomb, le bois de rose.... — Moi, je n'ai rien, messieurs. Rendez^moi quelque chose f
LB COMTE DE CAMPOREAL , éclaUnt de rire.
Oh! le vieux diable! il prend les profits les plus clairs ;
Excepté rinde, il a les îles des deux mere^^^jcA-/^^ ^ . ) Quelle envergure I il tient Mayoroue d'une griffe. Et de l'autre il s'accroche au /pic de Ténériffe.
COVADENGA, s'échaaffant.
Moi, je n'ai rien !
LE MARQUIS DE PRIEGO, riant.
Il a les nègres !
(Tous se lèyent et parlent à la foîS| se querellant.)
MONTAZGO.
Je devrais Me plaindre bien plutôt. Il me faut les forêts!
COVAJDENGA, au marquis de Priego.
Donnez-moi Tarsenic, je vous cède les nègres !
(Depuis quelques instants, Ruy Blas est entré par la porte du fond et assiste à la scène sans être tu des interlocuteurs. II est vêtu de ve* lours noir, avec un manteau de velours écarlate; il a la plume blancbe au cliapeau et la Toison d*or au cou. Il les écoute d*abord en silence, puis tout à coup il s'avance à pas lents et paraît au milieu d*eux au plus fort de la querelle.)