ACTE I. ni
ou môme à vous demander ! Mon Dieu ! si seulement on leur avait appris à s'asseoir et surtout à se lever... mais non !
(Le comte revenant, Blanche lui fai signe de venir s'asseoir près
d'elle.)
blanchi:.
Et puis, mon oncle, vous rappelez-vous...?
LE COMTE
Ah! si nous allons entrer dans le chapitre des te le rappelles-tu?
BLANCHE
0 le vilain!
LA CllANOINESSE, qui s'est retournée.
Blanche, faites-moi le plaisir de venir à côté de moi... Approchez, mon enfant... asseyez-vous... vous êtes assez grande fille pour savoir ce dont j'ai à vous parler... vous avez vu la personne en question ?
BLANCHE
Oui, ma tante... une fois au parloir.
LE COMTE
Eh bien?
LA CHANOINESSE
Vous reverrez cette même personne demain soir... elle vous sera présentée officiellement... on traitera les articles après-demain... et lundi...
BLANCHE
Lundi, ma tante...?
LA CHANOINESSl-].
Oui, lundi, ce sera une chose faite. Le parti que nous vous destinons, je n'ai pas besoin de vous le dire, est un gentilhomme de bonne noblesse et très-parfaitement apparenté! Vos pères, ma nièce, ne nous ont point laissé de grande fortune : on ne rougit point de l'avouer, quand on a employé son bien au service de son prince. Cependant, avec ce que nous avons de biens, mon frère et moi, et qui seront à vous...
BLANCHE
Ma tante...
LA CllANOINESSE.
Gomme à l'héritière de notre sang, vous pourrez encore faire bonne figure, mener le train qu'il faut, et porter convenablement la dignité de votre état. Le père de celui que vous épousez lui donne dixhuit mille livres de rente en Flandre, et la compagnie de cavalerie qu'il lui a achetée l'année dernière. Vous aurez les diamants de la mère, qui sont fort beaux... Tout cela vous fera, ma chère enfant, une fort jolie entrée de jeu. Vous n'êtes pas née sans agrément, votre mari est un homme d'excellente compagnie... Il est à penser qu'il vous aimera et que vous serez heureuse avec lui... Vendredi, vous paraîtrez en grande loge à l'Opéra, pour la déclaration de votre mariage. Ne rougissez pas plus qu'il ne faut et ne paraissez pas trop étonnée d'être lorgnée par toute la salle. Notre rang, la famille dont vous êtes, celle à laquelle vous allez vous allier, vous donnent vos entrées à la cour...