‹ ThéâtreChapitre 117 sur 198 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LES MÊMES, LA CHANOINESSE, entrant.

LA CHANOINESSE

Monsieur Perrin ici !... Pourriez-vous me dire ce qui me vaut l'honneur d'avoir ma porte forcée par vous, et à quoi je suis redevable de trouver dans mon salon un homme que j'avais prié de ne plus mettre les pieds chez moi ?

PERRIN

Madame...

BLANCHE

Ma tante, il venait...

LA CHANOINESSE

Paix, ma mie... Laissez Monsieur...

PERRIN, après quelques moments de silence et de colère sourde.

Madame, je ne serais pas ici si je n'y étais pour vous trois et par reconnaissance pour votre famille.

LA CHANOINESSE

Oh ! je comprends. Vous venez nous protéger, n'est-ce pas?... Mille fois merci, Monsieur, vous me voyez infiniment touchée de l'attention... mais c'est trop de bonté, et je ne sache pas que les Valjuzon en soient encore tombés là, d'avoir besoin de la protection de monsieur Perrin.

PERRIN

Qui sait, Madame?... Oh! prenez garde, les révolutions changent bien des choses, et je vois vos dangers comme ils sont, terribles, Madame, et tout près de vous.

LA CHANOINESSE

Des dangers ? Est-ce que la nation nous ferait l'honneur de nous soupçonner? De bonnes patriotes comme nous,* qui vivons tranquilles au coin de notre feu, qui n'avons pas émigré, qui avons béni tous les décrets de nos immortelles assemblées, qui remercions tous les jours les bienfaits de la liberté!

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