‹ ThéâtreChapitre 126 sur 198 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

LES MÊMES, BLANCHE, rentrant avec une bouteille de vin d'Espagne.

BLANCHE

Voici, mon oncle,... j'ai fini par trouver.

LE COMTE

Merci, ma bonne petite Blanche...

BLANCHE

Et c'est du vin que vous aimez, du vin du grandoncle...

LE COMTE

Ah! le vin de ce brave commandeur de Malte qui se fit sauter avec trois tartanes d'infidèles?... (n lève son verre.) Mon onclc qui êtcs là-haut... trèshaut... car un chrétien qui se fait sauter pour la foi doit faire un trou dans le paradis... mon digne

oncle, je bois à vous !.... (Regardant Blanche.) Dcs

larmes?... Qu'est-ce que c'est, mon enfant? Oh! ce serait oublier ton nom, et tu es trop la fille de ton brave père... Pleurer, une Yaljuzon ! D'abord, je le disais à ta tante, tout s'annonce bien ; et puis comment veux-tu qu'un vieux routier de guerre comme moi, cuirassé au feu, et dont la peau s'est toujours moquée des balles , aille attraper un accroc de ces blancs-becs-là? Non, non... sur ma parole, j'entends bien te rapporter toute la grosse personne de ton bonhomme d'oncle, au complet... Ah! tu ris?... Ris encore! va, c'est si joli de voir rire des larmes!... Tu ressembles à une rose qui a de la rosée sur les joues!... Et puis embrasse-moi... bien... là, tu sais comme dans le temps, en 79, quand je suis parti pour la guerre d'Amérique avec le vicomte de Noailles, et que, pour t'embrasser, je t'ai soulevée sur ma selle... Ma sœur...

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