‹ ThéâtreChapitre 144 sur 198 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

pierres aux mains des faibles, tant de morts illustres semées pour toi dans le passé, tant d'héroïsme en ton honneur, de la Grèce, de Rome, de l'ancienne France, inscrits par l'humanité au livre d'or du patriotisme... lûen de tout cela ne leur parle doncl Des hommes!... des hommes qui ont leurs bras et du Ter! ils veulent ouvrir les portes de leur ville, ils veulent se rendre sans s'être seulement battus ! Ils demandent cette humiliation! ils la réclament, ils l'exigent, ils la pressent, ils en ont soif! Et ce sont des Français!... Des Français, vous? Avec la Révolution, il ne vous est donc rien poussé dans le cœur? vous ne vous sentez pas grandir de dix coudées?... Vous rendre? ah! c'est déjà trop d'un Longwy!... et je ne suis pas un Lavergne!... Vous rendre?... Et à qui?... A Brunswick! à l'homme qui a promis de nous corriger comme des enfants révoltés, à l'homme qui vient pour fouetter In France! Et qui sait? s'il n'avait qu'à passer sur des poitrines comme les vôtres, il pourrait bien mener ses maîtres, les Rois coalisés, à l'Opéra, le 15 septembre, dans ces loges qu'ils ont bien eu l'audace de louer d'avance î

CRTS DU PEUPLE.

A bas! à bas! La capitulation! la capitulation! A bas !

PERRIN

Oh! vous m'écouLerez jusqu'au bout : je suis votre honneur qui vous parle! Défenseurs de Verdun, retournerez-vous dans vos foyers pour que vos fiancées s'écartent de vous et que les enfants

dans les rues vous crient par derrière : « Il a rendu Verdun! » Mes camarades, mes amis, vous tous, fils de la liberté naissante, enfants perdus de l'armée qui doit combattre pour elle et la faire triompher, les peuples de l'Europe vous regardent et vous espèrent, la Nation vous attend. Vous ne déserterez pas cette fortune que la guerre vous fait d'être la sentinelle avancée de vingt millions d'hommes libres! Républicains, mes frères, vous pouvez égaler les vertus des anciennes républiques ; vous le devez à l'histoire! L'heure est suprême et ne recommencera plus. Vous êtes entre l'immortalité et l'infamie .. Songez-y : c'est ici la porte de la France... A vous d'en faire les Thermopyles ou les Fourches Caudines! Choisissez : les clefs de la Patrie sont en vos mains. Que Verdun soit pris... et demain ce cri immense remplira toute la France : La Patine est en danger! Demain, les villes diront aux villes, les villages aux villages, les tocsins aux tocsins, les vents aux horizons : La Patrie est en danger!... Demain le drapeau noir flottera sur les tours de Notre-Dame!... Demain!... l'ennemi sera à une enjambée de Paris!...

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