‹ ThéâtreChapitre 145 sur 198 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES MÊMES, LA CHANOINESSE et BLANCHE, qui se sont glissées dans la foule aux derniers mots de Perrin.

LA CHANOINESSE

L'ennemi? il n'y a pas d'ennemi!

PERRIN

Qui ose dire cela? quelle est cette voix qui parle pour lui? Que je voie cette bouche et ce visage impies!

LA CHANOINESSE , se montrant.

Tiens! regarde-moi et reconnais-moi!

PERRIN

Mais je suis donc déjà au milieu des Prussiens?

L\ CHANOINESSE

Les Prussiens! qu'ils viennent, qu'ils passent, qu'ils délivrent le Roi!

LA FOULE

Oui, oui, les Prussiens! elle a raison!

LA CHANOINESSE

Tous? n'est-ce pas, c'est votre cri à tous? Vous ne voulez plus de ceci? vous en avez assez des maux de cette Révolution? vous revoulez votre Roi, vous revoulez vos nobles, vous revoulez l'ancien bonheur et la vieille religion de votre pays? Plus de cette Assemblée de Paris ; et le balai à ce ramas de robins, d'avocats, de marchands de paroles! Oui! oui ! à bas l'Assemblée ! à bas l'Assemblée !

PERRIN , au conseiL

Vous entendez. Messieurs? Est-ce que j'ai bien toute ma raison? est-ce que nous sommes dans la France de Quatre-Vingt-Douze? Gela existe-t-il? une constitution, des lois, une volonté nationale, une souveraineté populaire? Quel est ce peuple? et qui êtes-vous donc vous-mêmes? que faites-vous à

siéger ici, est-ce pour sauver la ville ou pour la livrer? Je vous somme de me défendre de ces cris et de m'empecher de les entendre...

LA FOULE

Reddition ! reddition !

PERRIN

Non, plutôt la mort!

LA FOULE

A bas le commandant! à bas le commandant!

PERRIN

Vous êtes tous des traîtres, des lâches !

LA FOULE

A bas le commandant! qu'il signe ou qu'il meure !

PERRIN

Oui, que je meure! Je ne demande à votre ville infâme pour en sortir qu'un drapeau tricolore et deux chevaux noirs...

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