‹ ThéâtreChapitre 146 sur 198 · CRIS · texte numérisé non relu

CRIS

A bas le commandant! La capitulation! la capitulation! Tout de suite! (Ju'on la porte au Roi de Prusse !

PERRIN , au conseil.

Messieurs, croyez-le, s'il ne s'agissait que de ma vie, depuis longtemps je ne vous fatiguerais plus... Mais il s'agit de la responsabilité dont chacun de vous a sa part, de l'engagement sacré que vous avez pris de défendre cette ville contre l'ennemi, contre elle-môme.

LAPALLU , lui présentant un papier.

Commandant, voudriez-vous jeter les yeux sur cette pièce ?

PERRIN

Cette pièce que vous venez de rédiger? Non, Monsieur, je la devine.

NEYON.

Vous refusez, commandant? Alors je la lirai.

LA FOULE

Qu'il la lise! qu'il la lise!

PERtllN.

Je vous le défends. (Il lui arrache des mains la pièce et la

regarda.) Et il y aura, Messieurs, parmi vous quelqu'un qui signera cela!... un soldat, peut-être !»..

Ah ! baissez la tête, vous faites bien ! . . .Vous, peuple de Verdun, écoutez encore... Le soldat de la liberté est en moi Tami de l'humanité. Je ne veux point prodiguer votre sang pour une défense inutile. J'ai la pitié de votre infortune et de vos malheurs. Je vous dis donc : Ne répondez pas encore aux offres de l'ennemi. Je vous promets, je vous réponds de vous sauver!... Verdun! je le jure ici; je te sauverai. — Et alors je ne craindrai plus pour vous, misérables femmes, qui êtes venues jusqu'ici pousser les hommes à la lâcheté , je ne craindrai plus que la juste vengeance de la Patrie et son large glaive lassent dans les groupes où je vous vois des vides tout rouges et plus grands encore que ceux qu'y auraient fait le canon prussien!

LA FOULE

Assez! assez! finissons!

PERRIN

Vous ne consentez pas même à attendre. Eh bien, que les femmes, les enfants, les malades, les peureux de tous les sexes et de tous les âges sortent de la place, et qu'ils nous laissent, nous soldats, résister jusqu'au dernier et tenir notre serment de

vaincre ou mourir... (La fouie n'écoute pas, entoure le conseil, cherche à lire raccûptation. — A Marceau, à part.) Ami, JC

suis à bout de forces... Je n'ai plus de voix, plus de paroles... Être tombé sur ces lâches, ces traîtres, ces vendus!... Car il est vendu, vois-tu bien, ce conseil que voilà! Mais dis donc avec moi qu'il est vendu!... Et je pourrais pourtant le casser, le dissoudre, le faire fusiller...

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