‹ ThéâtreChapitre 163 sur 198 · SCENE YIII · texte numérisé non relu

SCENE YIII

LE COMTE

Eh bien, un joli avant-goût de mon oraison funèbre... Il est de\enu fou, le Boussanel... 11 délire publiquementet patriotiquement, le malheureux!... Il y a bien eu toujours en lui quelques germes , mais je ne voyais que de l'utopie dans son cas... Intéressant exemple d'un professeur auquel les classiques ont monté à la tête...

LE COMTE, MADELEINE rentrant et allant ouvrir à BLANCHE.

MADELEINE

Dieu merci, nous en voilà débarrassés !

BLANCHE

Ah! que j'ai eu peurl

LE COMTE

Et tu n'as pas reconnu la voix de ton ancieu ami Boussanel ?

BLANCHE

Oh! le monstre!... Gomme vous etesà l'aise avec ces gens-là !

LE COMTE

L'habitude, ma chère... J'ai appris à hurler avec les autres. Une carmagnole, un pantalon de laine noire, un gilet tricolore, mon affreuse perruque jacobite achetée à Montbrison, avec ça mon bonnet rouge, mon sabre et ma paire de moustaches, il ne m'en a pas fallu davantage pour entrer dans leur peau, faire de monsieur le comte un patriote à tous crins...

BLANCHE

Ah ! oui, par exemple !

Jurant, sacrant, parlant la langue du père Duchêne comme sa langue maternelle, incendiant l'opinion publique dans les auberges ; mettant son faux passe-port sous le nez des sentinelles et riant en son par dedans de les entendre lui dire : « Il est bon, il est moulé!» marchant, mort-dieu ! sur la terre de France comme sur une propriété nationale avec une insolence!... eh! parbleu, l'insolence nécessaire pour passer dans ce temps-ci sans y laisser sa tête de ci-devant. Et tantôt, faisant le

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