ACTE IL
madame Maréchal se rencontrent.-- Un silence.) et nOUS SOIÏl-
mes restés une seconde à ne nous rien dire... (Un silence, les yeux baissés.) Cctte sccondc-là, alloz ! elle me Ta bien donnée...
MADAME MARÉCHAL
Oh! si vous en êtes si sûr que cela... (Eiie remonte
1?. scène. — Se retournant.) AlloUS, tCUCZ ! je VOis Ce qUC
c'est : vous serez tombé, je parie, sur quelque femme de chambre de bonne maison, qui aura pris le domino et les airs de sa maîtresse... (Revenant il lui.) Eh bien ! je vais vous donner un conseil... Il ne vous faut plus penser à cela^ voyez-vous. Vous finiriez par vous rendre ridicule...
''Elle remonte la scène et va vers le fond arranger un vase de fleurs.) PAUL, la suivant comme attiré.
Et pourquoi n'y plus penser, Madame? Qu'est-ce que ça fait que les romans soient faux? Ils sont
plus beaux que la vie, voilà tout! (Aux paroles de Paul madame Maréchal tourne lentement sur elle-même.) PourqUOl ne
voulez-vous pas que je croie à cette douce aventure d'une femme du monde, jeune et belle... comme vous... égarée là, un soir, curieuse et tremblante, au milieu de tout ce plaisir? Pourquoi ne voulez-vous pas que cette femme ait laissé tomber un regard sur ma jeunesse? Et pourquoi ne voulez-vous pas que j'y pense (Madame Maréchal va lentement
vers la cheminée.) quand il me semble que vous m'y faites songer davantage... quand je crois la sentir dans je ne sais quel parfum qui vous entoure... dans je ne sais quoi de vous qui a l'air d'être elle? Pourquoi ne voulez-vous pas?
MADAME MARÉCHAL, se retournant vivement et s'accoudant à la cheminée.
Mais, moi, je ne veux rien... Sans doute je n'ai aucun droit... Et je ne puis vous défendre...