SCÈNE VII
Les Mêmes. LUCIEN, MURAT
(Lucien entre, précédant un peu Murât. Joséphine s-est écartée avec M'le Avrillon, qui est rentrée.)
LUCIEN, allant à Bonaparte.
Ah ! le voilà. Je le cherchais. (A Joséphine.) Excusez-
moi, citoyenne, je n'ai qu'un mot à dire à mon frère. Je viens de Feydeau, d'où je te ramène un camarade, ton admirateur Ji présente Murât), le citoyen Joachim Murât.
BONAPARTE
Chef d'escadrons au 21e chasseurs, homme d'action.
MURAT
Dame !... essayez-moi, mon général.
LUCIEN
Voici ce qui se passe. Menou vient de capituler avec la faction des royalistes. Il a craint de verser le sang des Parisiens. Il retire ses troupes, sans coup férir.
MURAT
Oui, il bat en retraite. D'où est-il, celui-là ?
L'armée de la Convention n'a donc plus de chef... On te demande au Comité de salut public.
BONAPARTE Moi '. Ah î II regarde Joséphine, puis le ciel.)
LUCIEN
Allons, viens î Est-ce que tu hésites *?
MURAT
On a besoin de vous, général. Barras n'est pas une épée.
BONAPARTE
C'est Barras que la Convention a choisi pour la défendre ?
LUCIEN
Oui, et il nous envoie te chercher.
BONAPARTE
Pour l'aider à sauver la République?... Ah!... Lucien !
LUCIEN
Diras-tu encore qu'elle est ingrate?... Elle te paie Toulon.
BONAPARTE
A-t-elle des canons ? Où sont-ils ?
MLR AT
A la plaine des Sablons. Je me charge de les avoir.
Avec vos chasseurs ?
MLR AT
Avec eux... ou tout seul.
BONAPARTE
Alors, marchez, c'est écrit, (il va à Joséphine.) Au revoir, madame. Qui que vous soyez, je suis sûr que nous nous
re verrons. (Il sort derrière Lucien et Murât.)
JOSÉPHINE
Avrillon, c'est De Buonaparte.
MADEMOISELLE AVRILLON
Lui?
JOSÉPHINE
Qu'en dis-tu ?
MADEMOISELLE AYRILLON
Que c'est un fou et qu'il est affreux !
JOSÉPHINE Tu CrOlS '. Bruit de lutte dans le Palais-Royal. Les muscadins envahissent la scène. Mais on se bat... Sauvons-nous, mon enfant, tiens bien le chien, et : Vive le Roy !