‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 66 sur 108 · SCÈNE III TALLEYRAND, JUNOT · texte numérisé non relu

SCÈNE III TALLEYRAND, JUNOT

ÏALLEYRAND

Jeune homme, il n'y a que les créoles !

JUNOT

Excellence, si vous lui portez de l'intérêt, ne la laissez pas courir à sa perte. En Egypte, devant nous, en plein état-major, il parlait hautement de divorce.

TALLEYRAND

Le divorce n'est pas dans nos lois.

JL'NOT, esquissant un tour de sabre.

Si vous croyez que ça nous gêne !

Je le sais de taille à nous en enrichir, mais pas encore ;

elle lui fait toujours honneur et elle lui reste trop utile.

JUNOT

Utile, quel mot !

TALLEYRAND

La bonne Joséphine est populaire. C'est à travers la femme aimée que la France admire ses grands hommes.

JUNOT

Et par leurs enfants qu'elle s'y attache. Or, ils n'en ont pas l'un de l'autre.

TALLEYRAND

Va-t-on si vite ? Alors vous avez raison, il y a péril, mais pour tout le monde... (il va au boudoir.) Madame la Générale...

MADEMOISELLE AVR1LLON, sortant du boudoir.

Madame vient de partir.

JUNOT

Ah ! l'imprudente !

TALLEYRAND

Je vais tâcher de vous la renvoyer... Comme elle a pour trois cent mille francs de diamants sur le corps à étaler devant des rivales, ce sera peut-être un peu dur... Mais le divorce, diable! Oh! pas encore!...

(il sort.)

Le jour de son retour... la veille d'un coup d'État, au

bal chez Barras, elle !... C'est impossible. Il y a mot d'ordre. Il est ici.

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