‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 77 sur 108 · MURAT, JUNOT · texte numérisé non relu

MURAT, JUNOT

TALLEYRAND, s'avançant.

Citoyen Premier Consul, souffrez que je vous donne ce titre une dernière fois, les illustres et vénérables représentants du Sénat et du Tribunat, au nom desquels je porte la parole, sont chargés de vous présenter la très humble requête de deux nations dont vous êtes la gloire et l'amour.

BONAPARTE

Vous me surprenez presque à la charrue, messieurs, dans ce village, au sein des joies intimes de la famille et de l'amitié. Nous étions en train déjouer aux barres.

(Rumeurs adoiiratives des députalions.) TALLEYRAND

Le peuple français donc, et l'italien de même, que vos victoires ont faits frères, vous prient, dans leurs intérêts propres, comme dans celui de la paix universelle, de vous charger désormais du soin de leurs destinées, en acceptant, avec le titre de Majesté, l'Empire héréditaire dont vous êles digne.

CAROLINE, bas à Murât.

Héréditaire, tu l'entends, hé-ré-di-taire !

BONAPARTE

C'est un lourd fardeau, messieurs, que vous jetez sur mes épaules. Si je consens à le porter, c'est à une condition, dites-le bien au peuple.

T ALLE YR AND

Quelle est-elle, Sire?

C'est que je partagerai le trône... (Mouvement de tous) avec ma chère et vertueuse compagne, que voici, comme je partage fidèlement avec elle l'honneur du lit conjugal... (il prend la main de Joséphine.) Vive l'Impératrice, messieurs !

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