I.'OITIA
Pas de tous, Xapolione... de presque tous.
NAPOLÉON
Madame-Mère n'a pas d'autres enfants que ceux qui aiment l'Empire et l'Empereur ! .n va à ses sœurs.) Princesses, je VOUS Salue! (Il prend l'oreille de Caroline.) Gageons qu'il y a longtemps que vous ne vous étiez levées si malin ?
CAROLINE
Nous ne nous sommes point couchées, Sire, et c'était le mieux pour être prêtes.
PALLIEE On ne lienl pas à être les plus laides !
NAPOLÉON, il se recule pour les regarder
Vous êtes très belles !... A présent, soyez sages! Bonjour, Louis. Bonjour, Joseph, (il va à Jérôme.) Vous voilà, vous, enfant gâté! Si vous êtes docile, on fera de vous quelque chose. Où donc est mon neveu, Napoléon- Charles, le fils de notre chère Hortense? Bonjour, Hor-
tense. (Hortense se détache et amène l'enfant auprès de Lœtilia.) Quel
gaillard!... Ça n'a pas trois ans et ça vous prend déjà des airs de grenadier ! (il fait tourner l'enfant.) Qu'on ouvre la fenêtre sur les jardins. Je veux montrer cet héritier à mon peuple. (La grande baie du fond est ouverte. Napoléon enlève l'enfant et le présente à la fenêtre. L'n formidable cri de : « Vive l'Empereur! » s'élève du jardin. .Napoléon ramène l'enfant.) Il n'a pas eil peur. C'est très bien. Jl rend l'enfant à Hortense et revient.)
Le temps est un peu gris, messieurs. Il y a du brouillard sur la ville. Mais le soleil m'est toujours fidèle, et il fera beau tout à l'heure. Quelle heure est-il ?
TALLEYRAND
La vôtre, Sire.
NAPOLÉON
L'Impératrice doit être prête. J'ai dit : dix heures. Il ne faut pas que le Saint-Père attende à Notre-Dame. C'est un vieillard, je veux qu'on le comble d'égards.
(Dix heures tintent à l'horloge. Au dixième coup, la porte de l'impératrice s'ouvre et Joséphine, précédée des dames d'honneur, entre. — Rumeurs d'admiration.)