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SCÈNE III Les Mêmes, JOSÉPHINE, velue de la robe du sacre

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PAULINE

C'est une idole !

CAROLINE

Vraiment, elle a des sortilèges !

NAPOLÉON, à Ltetitia.

Ah ! maman, regarde !... Si mon père était là ! u va

prendre la main de Joséphine.)

Suis-je exacte?... J'attendais la couronne.

NAPOLÉON

Comment n'est-elle pas encore revenue? A quoi pense M. Margueritte ?

JUNQT, arrivant du fond, avec deux pages qui portent le diadème sur un coussin de velours nacarat.

Sire, voici le diadème.

NAPOLÉON, prend le diadème.

Voyons... À la bonne heure; voilà une couronne vraiment impériale et digne du front qui doit la porter, (il la soupèse.» Mais je crains qu'elle ne soit bien lourde à soulever pour un vieux prêtre de soixante-deux ans ! Qu'en pensez-vous, prince de Bénévent ?

(Tous se regardent. Un silence.)

TALLEYRAJSD

Sans doute, Sire.

NAPOLÉON, tendant le diadème à Joséphine.

Essaie-la.

JOSÉPHINE

Oh ! mon ami, un peu de pitié. J'ai si mal à la tête !

NAPOLÉON

Bah ! Qu'est-ce qu'une migraine ?

JOSÉPHINE, prend le diadème.

C'est d'un poids effrayant... Il y a trop de pierres cette fois... Je n'ai pas la force.

NAPOLÉON, ù haute voix.

Princesse de Guastalla, duchesse de Berg, Altesses Impériales, veuillez placer cette couronne sur le front de votre souveraine.

CAROLINE

Sommes-nous de la maison de l'Impératrice ?

PAULINE

Sœurs de l'Empereur, nous lui sommes égales.

NAPOLÉON, d'une voix tonnante.

Obéissez !

(Caroline et Pauline, effrayées, s'empressent de prendre le diadème et le portent àelles deux; elles le disposent sur la tète de Joséphine.)

JOSÉPHINE, d'une voix douloureuse.

Ah ! elle m'écrase !... (Elle fléchit et va pour tomber.) (Caroline et Pauline replacent la couronne sur le coussin. Un silence.)

LCETITIA, à Tallejrand.

Mauvais présage î... Il en est tout troublé lui-même.

NAPOLÉON

Que tout le monde sorte ! . . . Le cortège tout de suite en marche pour la cathédrale. Le pape ne doit pas attendre. Dieu non plus!... Je partirai dans une demi-heure. A Lœiitia.) Restez, ma mère. Toi aussi, Joseph, et tous les membres de ma famille.

(Tous sortent, excepté les membres de la famille impériale.)

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