SCÈNE IV I S Mêmes, JUNOT, puis CAROLINE, PAULINE
JUNOT, entrant vivement du fond.
Voici l'heure du courage, Madame !
CAROLINE
A. quoi pense notre chère belle-sœur ? L'Empereur vient d'entrer seul dans la salle, sans l'Impératrice, lui. si strict sur l'étiquette. Étes-vous malade,. Joséphine?
PAULINE
Un retard de toilette sans doute ? Si vous aviez besoin de nos services, chère amie?
JOSÉPHINE
Merci, princesses, j'ai des dames d'honneur... et A v ri lion.
CAROLINE
Mais on va commencer.
PAULINE
Tout est prêt...
JOSÉPHINE, avec autorité.
Qu'on attende. (Elle va à la table et s'y rassied.)
(Les princesses se regardent, saisies du ton de Joséphine.
(A Avriiion.) Tu as raison, la couronne du sacre ! c'est elle qui convient.
(.Vvrillou lui met la couronne au front.)
CAROLINE
Voire Majesté est vraiment en beauté! Elle rayonne.
JOSÉPHINE
Je ne me suis jamais si bien portée.
PAULINE
C'est ce que je me disais en vous admirant... Notre souveraine a quinze ans de moins ce soir.
JOSÉPHINE
L'amour d'un bon mari suffit au miracle. La princesse Borghèse le sait mieux que personne.
PAULINE
Oh ! l'amour de Borghèse. si je n'avais que celui-là pour m'entretenir fraîche !
CAROLINE
11 faut venir à Fontainebleau pour savoir le temps qu'il fait... en Europe. Le visage de l'Impératrice est le baromètre du monde.
JOSÉPHINE
Je vous suis obligée d'y prendre l'air de la Cour.
PAULINE
Noire frère Napoléon est au faîte de la puissance humaine. L'Autriche même est à nos pieds. On parle d'alliance. Votre Majesté est-elle avisée de ce bruit ?
JOSÉPHINE
Il ne dépasse pas l'office, j'espère.
CAROLINE, indiquant l'acte à terre.
Vous avez laissé tomber quelque chose... un papier...
JOSÉPHINE Ce n>St rien... Laissez. (Elle met le pied sur le papfe,.) (Entre TaÙeyrand et Roustan]