SCENE II FLORE, XAVIER
Le docteur est impayable : il est en train de prouver à Maxime que les jardins sont nuisibles à la santé et que...
FLORE, de sa place.
Psitt ! psitt !
XAVIER, allant vile à Flore.
Qu'est-ce qu'il y a ?
FLORE
Qu'est-ce que je t'avais dit? Le mois est passé... el c'est fini.
XAVIER
Qu'est-ce qui est fini?
FLORE
Ce n'étaient pas des voleurs.
XAVIER
Oh ! mon Dieu ! qu'est-ce que vous me dites ?
FLORE
Je te dis qu'il ne l'aime plus... Maxime n'aime plus ta sœur.
loi THEATRE D'EMILE BERGERAT
XAVIER
Pourquoi ?
Parce que ce n'étaient pas des voleurs '.'
XAVIER
Alors votre soupçon terrible?...
FLORE
Ce n'est plus un soupçon, c'est une certitude.
XAVIER
Non, non, je ne vous crois pas. Votre imagination vous emporte.
FLORE
A ton aise. Je la sauverai donc à moi toute seule. Ce sera plus difficile qu'avec ton aide. Mais je m'en pas-* serai. Va à les affaires.
XAVIER
Enfin, quelles preuves avez-vous '.'
FLORE
Mon garçon, les poètes sont bien gentils, mais quand ils nous chantent que deux êtres qui s'adorent et qui sont jeunes, peuvent se priver de toute possession et vivre de la rosée des fleurs, les poètes sont des poètes. Regarde où il couche, le tien, de poète. Là, sur un lit de camp. Pourquoi pas dans le lac de Lamartine '?
XAVIER
Mais...
FLORE
Non, ne cherche pas. Elle est perdue. Il ne l'aime plus. Il y a entre eux... la fatalité.
Soit. Mais Maxime est un cœur généreux, un esprit loyal, une raison droite...
FLORE
Au diable tes grands mots !
XAVIER
Il ne peut pas la rendre responsable d'une fatalité. Ou bien alors c'est un misérable, et je le lui dirai.
FLORE
Tu parles en frère; il éprouve en mari.
XAVIER
Alors, c'est bien. J'aurai mon rôle en cette affaire..
FLORE
Tu vas te tenir tranquille et me laisser agir. L'important est qu'elle continue à... dormir. La révélation de son malbeur la tuerait net.
XAVIER
Quelle ressource avez-vous ?