MAXIME GILBERTE
MAXIME
Ma chérie, ne crains rien, je t'aime ! Tu ne peux l'imaginer à quel point j'ai horreur de ma brutalité. J'étais fou sans doute, arcbi-fou. Je t'ai fait du mal, mon trésor. Je l'ai broyé les doigts. Donne-les moi que je les baise un à un.
GILBERTE, troublée.
Mais, Maxime...
MAXIME
Non, ne parle pas, je t'en prie. Ne me réponds rien. Viens, (il la fait asseoir.) Reste là bien paisiblement. Pose tes chers petits pieds sur ce coussin et laisse-moi te contempler à mon contentement. Je n'ai besoin que de te sentir vivre près de moi. Je suis heureux...
(L'n silence.) GIJJBERTE •
Dis-moi quelque chose pourtant.
MAXIME
C'est à cette place même que je t'ai avoué pour la première fois que je t'aimais. T'en souviens-tu, Gilberle? Ta tante jouait avec Livournet. Xavier s'était mis au piano pour faire du bruit et couvrir ma voix. J'ai cru mourir lorsque le consentement est tombé de tes yeux pleins de larmes. Car tu m'aimais alors. Tu m'as aimé, Gilberte, ne le nie pas. Mais ne réponds pas. J'ai juré de ne t'adresser aucun reproche, de ne pas me plaindre. Nous avons été heureux ensemble. Nous le serons encore. Tout va recommencer si tu le veux.
GILBERTE
Mais certainement...
MAXIME
Que tu es bonne de me pardonner ! J'ai perdu la raison un moment. On ne sait d'où ces éclipses vous viennent. Mais je te le jure, mon ange, je n'ai jamais aimé cette fille, jamais.
6ILBERTE
Je n'ai pas besoin que tu me le jures. Il suffit que tu me le dises.
MAXIME
Eh bien, alors, pourquoi avoir douté si vite de moi ! Oh ! si vite... C'est ma faute, je le confesse. J'aurais dû mieux te connaître, prévoir ce que tu devais endurer. Tu ne m'en disais rien, de ta jalousie? Peut-être auraistu mieux fait de t'en ouvrir franchement avec moi. Je t'aurais tout de suite rassurée, je t'aurais donné des preuves...
GILBERTE, se dressant.
.Maxime...
MAXIME, la rasseyant.
Parlons d'autre chose. M'aimes-tu encore ?
GILBERTE
Qui veux-tu que j'aime, si ce n'est toi ?