‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 115 sur 123 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

MICHELINE

Oh ! par exemple ! Mais c'était pour rire. (Elle prend une

cigarette et la lui donne.) Oh! Je VOUS en prie.

(Blomet refuse d'un geste et la lui rend.)

BLOMBT

Non!

MICHELINE, même embarras.

Du loukoum, alors?

BLOMET

'Ce n'est pas au moins comme à compte?

MICHELINE

Le loukoum est authentique. Il y en avait, vous y avez droit.

Non ! il y a trop de sucre, c'est comme dans le thé, il y a trop d'eau chaude. J'aurais préféré la cigarette!... Mais pourquoi toutes ces bagatelles? Ah! que de joli temps perdu !

MICHELINE

Mais il n'y a pas cinq minutes. Perdriez-vous patience ?

BLOMET

Ah! Vicomtesse, et sans reproches, s'il y a un art d'attendre, on l'apprend à Chaville en quinze leçons.

MICIIELIXE

Votre persévérance, en effet, est rare, surprenante même. Elle toucherait la plus inaccessible.

BLOMET

Vous aurait-elle un peu touchée, Madame?

MICHELINE

Croyez qu'elle m'a souvent déconcertée du moins. Nous avons peut-être, mon mari et moi, dépassé la mesure. Je vous en demande franchement pardon, pour moi et pour lui.

BLOMET

Le lieutenant ne m'en redoit rien. Demain matin, nous serons quittes... Mais la soirée avance. Voici toutes les étoiles sorties, même celle du berger, je crois?

MICHELINE, agitée.

Vous savez qu'Alger perd et retarde sur Chaville, au moins d'un quart d'heure.

BLOMET

D'un quart d'heure de grâce, alors? (Adrien étcmue dans le belvédère.) Ah! il y a quelqu'un qui s'enrhume dans cette guérite aérienne?

MICHELINE

Vous croyez? Ce ne peut être que Clodomir.

BLOMET

Evidemment, parce que, si c'était le cher lieutenant, cela n'aurait pas le sens commun. Le coup du mari n'est plus de jeu. Il a toujours eu le choix. Du reste, il l'a encore. Il n'a qu'à entrer... Il est chez lui.

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