‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 65 sur 123 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CLODOMIR, valet de chambre, JUSTINE, femme de chambre.

Au lever du rideau, Clodomir seul, lit un livre. Entre Justine.

Eh ! bien, Monsieur Clodomir, quoi de nouveau en Seine-et-Oise ?

CLODOMIR

Rien que la Seine-et-Oise qui n'est pas gaie ! Quant à Chaville, cet « environ de Paris » est charmant, mais on languit en ses cottages.

(11 bâille.) JUSTINE

Vous lisiez?

CLODOMIR

Oh ! Drilannicus!

JUSTINE

C'est du latin ?

CLODOMIR

Presque !

JUSTINE

Vous savez le latin ?

CLODOMIR

Je l'ai su, comme tout le monde... sans le parler.

JUSTINE

Alors, je vous dérange. Vous vous amusiez '?

CLODOMIU

Au contraire.

Comment peut-on s'ennuyer chez des maîtres jeunes et charmants, dans une maison riche,, où il y a une lune de miel ?

CLODOMIR

Justement ! C'est la lune de miel ! On s'y englue, dans le miel de la lune ! Quant à la maison, rien à dire ; il y a de l'argent ici ! La place par elle-même est Donne, si une thébaïde peut l'être... Non, mais regardez-moi cette solitude... rien que des arbres, à perte de vue... Pas un chat à Chaville... Le soir, pour ne pas se coucher à neuf heures, on est forcé d'écouler le rossignol, qui chante faux, car il chante faux, le rossignol, ou bien alors c'est nous qui ne chantons pas juste!... J'ai vu la Lozère, j'ai traversé la Sologne, ce sont des fourmi-

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