ACTE PREMIER. 22J
Pense au mari.
ADRIEN
Tiens ! Oh ! que c'est drôle ! J'y suis.
MICHELINE
Mariée ?
ADRIEN
Evidemment, en Algérie, -40 degrés !...
MICHELINE
Eh ! bien, c'est lâche !
ADRIEN
Mais à qui veux-tu que l'on s'adresse? Aux jeunes filles?
MICHELINE
Ce serait du propre !
ADRIEN
Aux veuves alors ?
MICHELINE
Aux veuves, oui, plutôt aux veuves !
ADRIEN
Bien ! Que la société nous en fasse !
MICHELINE
De quoi ? Ah ! mon Dieu, qu'est-ce que tu dis, Adrien? Tu ne réfléchis pas ? Qu'on vous fasse des veuves?
ADRIEN
Dame! Il n'y a plus que cela... ou les Flavies.
MICHELINE
Mais l'adultère ?
ADRIEN
Ah ! l'adultère ! . ..
MICHELINE
C'est un crime !
ADRIEN
Oui, mais c'est peut-être dans ce crime que le mariage trouve sa meilleure défense !
MICHELINE
Attends que je ferme les portes, les domestiques peuvent t'entendre.
ADRIEN
Ne parlons pas du mari ; sa félicité est classique. Mais l'amant! Oh! L'infortuné, et de quel rude prix il la paie, son éducation sentimentale ! Il n'y a pas de fonctions plus ingrates. L'amant d'une femme mariée? Tiens, quel est le mari qui voulût l'être?
MICHELINE
C'est pour Flavie, cet apophtegme"?
ADRIEN
Si tu veux. Pour elle aussi.