‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 83 sur 123 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MICHELINE

Comment, pourquoi faire ? Tout est là ! Sais-tu qu'il est charmant, ton capitaine, très galant, et qu'il a de l'esprit !

ADRIEN

Je te l'avais dit. Et au pistolet, c'est un maître !

MICHELINE

Mais qu'entend-il par le talion, en somme ?

ADRIEN

C'est pourtant clair.

MICHELINE

Est-ce si clair ? Quel rôle y aurais-je, moi?

ADRIEN

Ne cherche pas. C'est simple. Celui de Flavie... à

Alger.

MICHELINE

Et toi ?

Le sien, le rôle du mari.

MICHELINE

Et lui?

ADRIEN

Le mien, l'amant !

MICHELINE, ironique.

L'amant, ou le martyr de l'adultère. Nous voici dans l'apophtegme.

ADRIEN

Quel apophtegme?

MICHELINE

L'amant d'une femme mariée, quel est le mari qui voulut l'être ?

ADRIEN

Tu oublies que le supplice se termine par une heure de paradis.

MICHELINE

Au bout de quinze jours ?

ADRIEN

Comment, de quinze jours ?

Il y a quinze lettres. Tu n'en écrivais pas deux par jour à Flavie ?

ADRIEN

Non, une chaque soir, seulement, sur la journée.

MICHELINE

Jusqu'au sacre ! Tu n'es entré dans Reims que le quinzième. Reste donc quatorze jours de préliminaires et d'amusement si tu veux. On y a droit. Talion, punition pareille à l'offense.

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