‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 95 sur 123 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

MICHELINE

J'écoule !

BLOMET

Mais je n'ai rien de plus à vous dire.

MICHELINE

J'en ai cependant plus à entendre.

BLOMET

Me forcerez-vous à emprunter encore à l'Académie ce style précis etsans image qui estla honte des lexiques? Oh ! vous seriez vraiment cruelle !

MICHELINE

Cruelle? Mais j'attends.

Quoi ? Une... nouvelle définition... du talion ?

MICHELINE

Je la sais par cœur, capitaine : Talion, punition pareille à l'offense !

BLOMET

Voilà tout ! Cela dit tout !

MICHELINE

Rien déplus juste. Commençons.

BLOMET

C'est cela même.

MICHELINE

S'il vous plaît... par le commencement, qui est de toute éternité, la déclaration.

Quoi ?

MICHELIXE

Je ne pense pas qu'aucune femme, sachant son art, en ait jamais tenu quitte l'ennemi héréditaire?

BLOMET

Qu'appelez-vous l'ennemi héréditaire, Madame ?

MICHELIXE

Mais!... l'amant! La déclaration n'est pas seulement la pierre de touche du véritahle amour, mais encore du désir le plus furtif !... Il n'est pas jusqu'à la galanterie vénale qui n'en impose le simulacre.

BLOMET, embclc.

De la déclaration ?

MICHELIXE, moqueuse.

Sans elle, le talion lui-même, le talion le plus équitable, le vôtre capitaine, ne serait qu'une violence indigne d'un militaire.

BLOMET

D'un militaire ?

MICHELIXE

Au moins, en temps de paix.

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