ACTE II
MICHELINE
J'écoule !
BLOMET
Mais je n'ai rien de plus à vous dire.
MICHELINE
J'en ai cependant plus à entendre.
BLOMET
Me forcerez-vous à emprunter encore à l'Académie ce style précis etsans image qui estla honte des lexiques? Oh ! vous seriez vraiment cruelle !
MICHELINE
Cruelle? Mais j'attends.
Quoi ? Une... nouvelle définition... du talion ?
MICHELINE
Je la sais par cœur, capitaine : Talion, punition pareille à l'offense !
BLOMET
Voilà tout ! Cela dit tout !
MICHELINE
Rien déplus juste. Commençons.
BLOMET
C'est cela même.
MICHELINE
S'il vous plaît... par le commencement, qui est de toute éternité, la déclaration.
Quoi ?
MICHELIXE
Je ne pense pas qu'aucune femme, sachant son art, en ait jamais tenu quitte l'ennemi héréditaire?
BLOMET
Qu'appelez-vous l'ennemi héréditaire, Madame ?
MICHELIXE
Mais!... l'amant! La déclaration n'est pas seulement la pierre de touche du véritahle amour, mais encore du désir le plus furtif !... Il n'est pas jusqu'à la galanterie vénale qui n'en impose le simulacre.
BLOMET, embclc.
De la déclaration ?
MICHELIXE, moqueuse.
Sans elle, le talion lui-même, le talion le plus équitable, le vôtre capitaine, ne serait qu'une violence indigne d'un militaire.
BLOMET
D'un militaire ?
MICHELIXE
Au moins, en temps de paix.