‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 96 sur 123 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

BLOMET

Vous raffinez.

MICHELINE

Au contraire, je simplifie !

BLOMET

Vous devez être de Paris, Madame ?

MICHELINE

Mon mari aussi.

BLOMET

Et moi de même.

Tous les trois compatriotes ! C'est charmant et très rare. Mais je suis prête, je tends l'oreille. Parlez !

BLOMET

Mon Dieu, Madame, dans l'armée, la cérémonie de la déclaration se borne, le plus souvent, à un cri du tempérament national. Ce beau cri, c'est : En avant! Et tout est dit !

MICHELINE

C'est calomnier deux personnes sensibles !

BLOMET

Lesquelles ?

MICHELINE

Mmo Blomet et mon mari.

BLOMET Comment?

MICHELINE

Les choses ne sont pas allées si vite à Alger.

BLOMET

Vous croyez?

MICHELINE

11 y a eu quinze travaux de circonvallation ! La déclaration est une des premières.

Mais sapristi! Comment la voulez-vous, la déclaration ?

MICHELINE

Un peu persuasive seulement. Ce sont nos petits bénéfices.

BLOMET, vexf.

Pour certaines bêtises, il y a un âge.

MICHELINE

A quarante-deux ans et pas davantage, renoncezvous?

BLOMET

Non pas. Je me recueille. Votre cher mari n'est pas le seul qui ait pratiqué Tari de parler pour ne rien dire. J'ai gazouillé ma romance tout comme un autre. Nous avons tous de mon temps, plus ou moins, plongé dans le lac clapotant de Lamartine. (Il chante.) « 0 lac! t'en souvient-il ? » J'ai chanté oa !

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