SCENE V
Les Mêmes, CLODOMIR, ADRIEN
BLOMET
Ah ! vous donnez aussi dans celle habitude anglo-chinoise ! (A. Adrien.) Mais, vous entrez, vous? Ce n'est pas de jeu. Je n'entrais pas, moi, à Alger.
ADRIEN
L'heure verte, capitaine, l'heure sainte dans l'armée.
Il prépare une absinthe.) SailS SUCre, je Crois, et Un peu
forte ?
MICHELINE, àBlomet.
Quoi ? L'absinthe aussi ? Oh ! pas d'absinthe !
BLOMET, grimaçant.
Mais il me semble... que le... lieutenant... ne s'en prive pas !
MICHELINE
Ah ! lui !... Il est le maître, le tyran !...
BLOMET, à Adrien qui lui pousse un verre li'absinlhc.
Non, j'y ai renoncé, merci. (A part.) Ça, c'est dur !
MICHELINE, lui présentant une tasse de thé.
Avec du lait?... Un nuage?... C'est du thé;
BLOMET
C'est que... je vais vous dire... l'eau chaude, je n'en use que pour me raser.
MICHELINE, montrant un billet sous la tasse.
Et la réponse de Flavie... sous la tasse!... Chut!...
BLOMET, prenant la tasse avec la lettre.
Alors, sans lait !... Ah ! au moins, sans lait, par pitié! Merci! (Va uu peu à l'écart.) Qu'est-ce que c'est que cette petite femme-là? (Avale le thé d'un trait.) Pouah ! l'affreux
apéritif! (Va remettre la tasse sur la table devant Adrien qui compose lentement son absinthe. — A Adrien.) Et elle est bonne ! Elle
embaume ! Mais je ne la regrette pas ! Il y a de doux sacrifices !
ADRIEN, regardant à sa montre.
La demie, nom d'un chien, je n'ai plus que le temps d'attraper le train de Paris au vol !... Vous m'excusez, mon capitaine?