‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 36 sur 67 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, PEPETTA, puis TACOMAN, puis ANGÉLIQUE

PEPETTA, accourant.

Au tigre!... Madame, au tigre!

GÉRALDINE

Le roi ?

PEPETTA

Oui... Du calme... Son rond y est...

VALENTIN, a Géraldine.

Ah ! madame...

GÉRALDINE

Il est chez lui. Pepetta vous avait averti. C'est le négoce. Je vous présenterai, il est charmant.

VALENTIN

Il ne m'intimide pas !

(Entre Tacoman).

TACOMAN, du fond.

Ouf!... Vive la France!

GÉRALDINE, allant à lui. Vous ne me croirez pas, je l'espérais!

TACOMAN

Impossible, il n'y a rien encore dans les feuilles. J'en suis sûr, je joue à la baisse sur ma Rente!

GERALDINE

Un pressentiment! Comment allez-vous?

TACOMAN

Et vous?

GÉRALDINE

Vous voyez, j'engraisse.

TACOMAN

Merci.

(Il va pour l'embrasser. Géraldine s'esquive et lui montre Valentin.)

GÉRALDINE

Permettez que je vous présente... monsieur...

(Elle présente Valentin.)

TACOMAN, son carreau à l'œil.

Je sais... J'ai la mémoire infaillible des noms comme des visages, un privilège de la profession. J'y suis! Monsieur Elisée Paradis, huissier! Voilà.

VALENTIN

Non, Monsieur Valentin Gourdan, ingénieur français, je le regrette pour le privilège !

Alors, je répare. Je dois réparer... Mais je n'étais pas prévenu! Je n'en ai pas sur moi... C'est comme si vous l'aviez, du reste.

VALENTIN

Si j'avais quoi?

TACOMAN

L'aigle de Chaonie, mon Ordre!

VALENTIN

Pardon, mais... à quel lilni?

TAGOMAN

Oh! il ne coûte rien, et je vous dois bien cela pour la méprise. (Il va à la porte du jardin d'hiver.) J'ai très faim, chère maie.

GÉRALDINE, lui montrant la table.

Je n'attendais que votre présence pour dire de servir.

TAGOMAN, il met son carreau.

Vous avez des invités?

GÉRALDINE, indiquant Valentin.

Monsieur d'abord.

TAGOMAN

Ah?... Ravi!

Et son amie, (Angélique entre, précédée de Pepetta) mademoiselle Florette...

PEPETTA

Des scènes classées!

(Elle sort un instant.)

TAGOMAN, lorgnant Angélique.

Elle est charmante ! Elle est charmante, elle est... (A Valentin.)

Mes compliments.

(Angélique reste au fond.)

VALENTIN

Monsieur,

PEPETTA, lui soufflantle mot à l'oreille. Sire !

TACOMAN

Laissez donc. Pas d'adulations! A Paris, ce n'est que Monseigneur! Et encore, quand on y pense! Sous l'Empire, dans les petits journaux j'étais le Prince Écrevisse, d'abord parce que je les adore, et ensuite parce que mon petit nom est Omar. C'était l'esprit du temps. Mais vous êtes trop jeune.

YALENTIN

J'ai lu l'histoire.

PEPETTA, rentrant par la droite.

Sa Majesté est servie.

TAGOMAN, allant à Angélique.

Mademoiselle. (H lui offre le bras.) Oh ! (A Géraldine.) Jaloux?

(Il lui offre la main.) GÉRALDINE

Vingt-quatre ans.

TACOMAN

Mais moi aussi. (Il lui baise la main. A Valentin et à Angélique.) Pardon, baron.

VALENTIN

Baron?

TAGOMAN Oui, mon Ordre anoblit... (Valentin et Angélique entrent à droite, passant devant Pepetta.) Notre chère Pepetta.

PEPETTA, au port d'armes.

Fidélovitch !

(Tacoman et Géraldine entrent à droite.)

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