SCENE IV JACQUES, MAL VILAIN
M Al" Y IL A IN
Vous êtes donc indisposé réellement ?
JACQUES
Je souffre cruellement, oui.
MAl'YILAIN
Mais il y a du thé à la maison !... Ah ! c'est égal, vous m'avez fait une peur!... j'ai cru... enfin j'ai cru toutes sortes de choses... Voyons, vite, mettez votre pardessus et venez, nous trouverons une excuse en route. Eh bien ?
JACQUES
Je ne le puis, monsieur.
MAUYILAIN
Quoi, revenir chez moi ?... Eh bien ! mais... et Éva '?
JACQUES
J'allais écrire à Mlle Mauvilain.
MAL'YILAIN
Lui écrire ?
JACQUES Une explication.
MAUVILAIX
La meilleure explication à lui donner, mon cher monsieur, c'est de revenir.
Je ne peux pas.
MAUVILA1N
Mais qu'y a-t-il ? qu'est-ce qui vous arrive ? Est-ce qu'on vous a fait mauvais accueil ? Avez-vous reçu subitement une fâcheuse nouvelle ? On n'est pas malade à ce point de quitter les gens sans deux mots d'excuse ! . . . Et puis enfin, quoi! vous n'êtes pas malade, voyons. Il me semble, moi, que si j'étais amoureux comme vous l'êtes, un beau jour tel que celui-ci me guérirait des maladies passées, présentes et futures ! Allons, vous allez venir, hein?
JACQUES
Non, monsieur.
MAUVILAIN
Mais que dois-je croire? Il faut que vous ayez un motif... que je ne devine point. Enfin, voyons, dites...
JACQUES
Vous allez me juger bien sévèrement, monsieur; mais s'il m'est impossible déjà de revenir chez vous, il m'est encore plus impossible de vous dire pourquoi.
MAI VILAIN
Ta ! ta ! ta ! nous ne sommes pas des enfants, et nous ne jouons pas à la devinette. Parlez.
Tout me le défend.
BIAUVILAIN
Qui, tout '? '