GASTON
Ah ! voici Bandrille.
BANDRILLE, entre deux femmes.
Messieurs et mesdames, permettez-moi de vous présenter deux créoles charmantes, dont je viens de faire la timide connaissance au bureau des parapluies. L'une est rouge et l'autre noire. Ce symbole m'a touché et je les amène à notre petit décaméron. (Elles saluent.)
TETINE, reconnaissant l'une d'elles.
Madame... Tiens, c'est Génie!...
KETTV. à l'autre.
Oh ! Coralie !... (Elles causent entre elles.) BANDRILLE
Ah ! Dieu soit loué, elles les ont gardés ensemble.
(Entrent Albert et Bosaui.) ALBERT, àBosani.
Pardon, monsieur, un peu de feu, je vous prie, (i
s'allume.) Merci, monsieur. (Descendant en scène.) Ah! c'est
moi.
JULES
Prête-moi donc ton cigare, (il le jette.) En voilà un autre.
BOSANI, à part.
Cela devient intolérable, (il soit )
ALBERT, à Jules.
Qu'est-ce que tu fais donc ?
JULES
C'est Bosani.
ALBERT
Bah! Et moi qui le salue encore!
BANDR1LLE
Pourquoi ne le saluerais-tu pas ? Est-ce que tu lui dois de l'argent ?
ALBERT
Ce ne serait pas une raison.
BANDRILLE
Pas possible. Alors tu ne salues pas tes créanciers '! Mais il faut saluer ses créanciers ! Saluer un créancier c'est saluer sa propre dette ! C'est la reconnaître ! lui rendre hommage, la consacrer.