ANGE BOSA.NI
LOSA.NI
Moi, je t'aime aussi, moi.
MARIA, reculant.
0 mon Dieu! faites qu'il mente, au moins!
BOSANl
Le jour où je t'ai vue au bras de cet homme, heureuse, embellie par ton amour et farouche comme la lionne, un voile s'est déchiré en moi. Je ne voulais pas le tuer d'abord ; mais tous les jours, maintenant, je regrette de ne l'avoir point fait. Car j'en suis jaloux jusqu'à la rage.
MARIA
C'est vrai, ce que tu dis là ?
BOSAM
Ah ! si tu te doutais !... Tu ne sais pas à quel point je I "aime, car vrai, par pitié pour lui, tu ne le laisserais pas entre nous.
MARIA
Des menaces? Avant que tu y touches, Bosani, l'un de nous sera mort, loi ou moi !
BÛSAWI
Oh ! non, je ne veux pas le tuer... Je ne le tuerai point... mais fuis-le, oublie-le.
MARIA
Demande-moi plutôt de t'oublier toi-même. BOSANI
Alors, jamais, jamais, tu n'auras pilié de moi ? Jamais tu ne me reviendras?
MARIA
Je t'oublierai, c'est tout!
BOSANI
Mais je t'adore, Maria.
MARIA
Ah çà, mais qu'espérez-vous, à la fin ?
BOSANI
Je te dis que je t'adore.
MARIA
Ton pardon? Je te le donne; mais va-t'en, va-t'en !
BOSANI, terrible.
Je n'espère plus, je veux, maintenant.
MARIA
Arrière !
Je te veux parce que tu es à moi, parce que ta beauté m'appartient, parce que je suis ton maître.
MARIA
Oses-tu donc t'en souvenir ? Ah ! voilà pourquoi vous êtes revenu; et comme vous mentiez tout à l'heure avec votre air d'humilité !...
BOSANI
Soit, je mentais, et je viens te reprendre parce que tu es mon bien, ma vie, ma femme !...
MARIA, se dressant au bord de l'abîme.
Eh bien, approche.
ANGE BOSANI 18;
BOSANI Grâce ! grâce !
FRÉDÉRIC entre.
Assassin !
BOS.VM, se redressant.
Elle est à moi, vous ne l'aurez pas.
MARIA
A toi, Frédéric. A toi seul !...
[Elle fait un signe de croix, et s'élance dans l'abîme.)