‹ ThéâtreChapitre 71 sur 121 · ANGE BOSA.NI · texte numérisé non relu

ANGE BOSA.NI

LOSA.NI

Moi, je t'aime aussi, moi.

MARIA, reculant.

0 mon Dieu! faites qu'il mente, au moins!

BOSANl

Le jour où je t'ai vue au bras de cet homme, heureuse, embellie par ton amour et farouche comme la lionne, un voile s'est déchiré en moi. Je ne voulais pas le tuer d'abord ; mais tous les jours, maintenant, je regrette de ne l'avoir point fait. Car j'en suis jaloux jusqu'à la rage.

MARIA

C'est vrai, ce que tu dis là ?

BOSAM

Ah ! si tu te doutais !... Tu ne sais pas à quel point je I "aime, car vrai, par pitié pour lui, tu ne le laisserais pas entre nous.

MARIA

Des menaces? Avant que tu y touches, Bosani, l'un de nous sera mort, loi ou moi !

BÛSAWI

Oh ! non, je ne veux pas le tuer... Je ne le tuerai point... mais fuis-le, oublie-le.

MARIA

Demande-moi plutôt de t'oublier toi-même. BOSANI

Alors, jamais, jamais, tu n'auras pilié de moi ? Jamais tu ne me reviendras?

MARIA

Je t'oublierai, c'est tout!

BOSANI

Mais je t'adore, Maria.

MARIA

Ah çà, mais qu'espérez-vous, à la fin ?

BOSANI

Je te dis que je t'adore.

MARIA

Ton pardon? Je te le donne; mais va-t'en, va-t'en !

BOSANI, terrible.

Je n'espère plus, je veux, maintenant.

MARIA

Arrière !

Je te veux parce que tu es à moi, parce que ta beauté m'appartient, parce que je suis ton maître.

MARIA

Oses-tu donc t'en souvenir ? Ah ! voilà pourquoi vous êtes revenu; et comme vous mentiez tout à l'heure avec votre air d'humilité !...

BOSANI

Soit, je mentais, et je viens te reprendre parce que tu es mon bien, ma vie, ma femme !...

MARIA, se dressant au bord de l'abîme.

Eh bien, approche.

ANGE BOSANI 18;

BOSANI Grâce ! grâce !

FRÉDÉRIC entre.

Assassin !

BOS.VM, se redressant.

Elle est à moi, vous ne l'aurez pas.

MARIA

A toi, Frédéric. A toi seul !...

[Elle fait un signe de croix, et s'élance dans l'abîme.)

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