ACTE DEUXIÈME
ALPH05SINE. — Cela me fait... cela me faif.... (Pause.) Ah ! si je pouvais me faire appeler à Paris par mon avoué ou par mon avocat!... Comment obtenir d'eux une dépêche?
FouRNiER. — Une dépèche?... Où l'on vous dirait... quoi? Une de vos amies ne peut-elle vous l'envoyer?
Alpho-xsine. — Heu!... Je n'aime pas que mes amies soient au courant de mes affaires.
FouRMER. — Jossot, mou associé, est à Paris en ce moment, et tout à mon service. Je n'ai qu'à lui télégraphier le texte de la dépèche à nous réexpédier à Nancy.
Alphoslne, vivement. — Et il la signerait alors du nom d'une de mes amies.... Lucie, par exemple?... Oui, c'est cela.
René. — Mais enfin, que diras-tu dans cette dépèche? Pour décider papa à partir, il faudrait un motif puissant.
Alphgnsine. — Donnez-moi de quoi écrire. (A Marie.) Laisse-nous, toi.
Marie. — Tu ne veux pas que?...
Alphokslne. — Laisse-nous et emmène la petite.
Marie sort avec Jeanne. — Alphonsine s'assied et écrit. Madame Roger. — Alphonsine... ma fille.... Alphonsine. — Eh! Je prends tout sur moi. (A Foumier.) Vous pouvez lire.
FoLRNiER, qui lit par-dessus son épaule. — « Ton mari a
trouvé deux nouveaux témoins. Grand danger. Viens en toute hâte. — Lucie ».
Madame Roger. — Qu'est-ce que cela veut dire? Ton père te demandera des explications.
Alphonsine. — J'y compte bien. Je lui en donnerai.
Madame Roger. — Il ne partira pas.
Alphonsine. — Après m'avoir entendu, il partira avec
moi, je t'en réponds. (A Fournier, qui l'interroge du regard. —
190 LE BIEN D'AUTRUL
A mi-voix.) — Ma foi, tant pis, papa saura tout, puisqu'il le faut.
FoURNiER. Il a pris la dépêche. Il regarde sa montre. — Diable I
Je suis en retard. (A René.) Allez chez Manon, place de la Carrière, IQ bis. Dites-lui que je suis chez un client, que je vais arriver. Je cours à la poste et je vous rejoins. La dépêche sera ici vers cinq heures et demie, six heures.... Parfait!... (li prend son chapeau.) Allons, hop!
Filons... Fichtre, j'oubliais.... (H enlève la clé de la porte de Roger et la remet à Alphonsine.) Là.... Je SUis plus tranquille!
Madame Roger. — Mais.... M. Fournier....
FouR^'IER. — S'il veut sortir, il sera obligé de vous appeler. Je compte que vous ne le laisserez pas aller
plus loin que ce salon, hein?... (Sortant avec René.) Et
maintenant, en route I
RIDEAU