SCÈNE IV Les Mêmes, plus ALPHOiNSINE
La petite Jean.NE, voyant arriver sa mère. — Maman!
Alphonsise. — Quoi?
René. — Tu tombes à pic, toi.
AlphoiNsine. — Pourquoi? Que se passe-t-il?
Marie. — Ah! Si tu savais....
Alphonsine. — Mon ma!:i? Il est venu? Il a vu mon père?
Madame Roger. — Roger l'a mis à la porte. Il ne consentait à te reprendre qu'à cause de ta fortune. Quand il saura que nous n'avons plus rien, il s'empressera de divorcer.
Alpho.nsine, stupéfaite. — Nous n'avons plus rien?
FouRNiER. — Votre père a trouvé un testament où le cousin laisse tous ses biens à Manon.
. Alphonslve. — Oh !.. .
FouR.MER. — El il veut absolument le montrer.
Alphoslne. — Mais c'est fou!... Quand a-t-il trouvé ce testament? Oîi? Comment?
FouRNiER. — On vous expliquera cela plus tard.... Pour le moment, il faut trouver le moyen d'éloigner M. Roger pendant deux ou trois joui s. Si Manon, qui précisément est malade, très malade en ce moment, vient à claquer avant que votre père lui ait montré le testament, nous sommes sauvés.
Alphonslne. — Eloigner papa? Comment?
FouRNiER. — C'est ce que nous cherchons.
Un silence.
Marie. — Si nous nous faisions écrire une lettre par M. Gaubert?...
FocR^■IER. — Son ami de Saint-Etienne?
Marie. — ... Qui l'appelerait en toute hâte auprès de lui.
René. — Sous quel prétexte? (Pause.) Et puis, je le connais M. Gaubert, il ne l'écrira pas, cette lettre.
Madame Roger. — D'ailleurs, vous n'y pensez pas. A peine arrivé à Saint-Etienne, Denis verrait qu'on s'est moqué de lui, il reviendrait furieux.
FouRMER. — Oui.... En effet.... Ah! sapristi de sapristi ! . . . Un silence.
Alphonsine. — Attendez donc... (On la regarde. — A
madaime Roger.) Mon mari est décidé à poursuivre son procès ?
Madame Roger. — Hélas!
Aphonsine. — Et on va procéder à l'enquête qu'il demande?
Madame Roger. — Sans doute.... Qu'est-ce que cela te fait?