SCENE PREMIERE
MADAME AT\>jIÈr{ES MÈRE, MARGUERITE, puis TERxNAND, puis MADAME ARMIÈRES
Marguerite. — Vois la belle gerbe, grand'raère. Veux-tu que je te fasse un petit bouquet que tu emporterais chez toi? Tu le mettrais dans la potiche japonaise. (Silence.) Non? (Marguerite garnit un autre vase.) Con-
nais-tu cette dame qui est avec maman?... Au fait, oui.... C'est toi qui as prié maman de la recevoir. (Silence.) Mme de Réhy n'a pas dit à quelle heure elle viendrait?
(Mais la grand'mère replongée dans ses rcllexions ne répond pas.
Marguerite répèle sa question.) Grand'mère, Mme de Rohy?... Madame Armièresmkre. — Sa lettre est sur la table. Marguerite, elle va à la table et prend la lettre qu'elle parcourt.
— « Ma chère amie.... Je désirerais..., etc.. aujourd'hui... chez vous.... » Pas d'autres indications....
(Elle remet la lettre sur la table et trouve des cartes postales ) Ah !
les cartes postales qu'on nous a envoyées.... Je prends
les miennes.... (Elle fait un tri parmi les cartes. Lisant les
suscriptions.) « Mademoiselle Mnrguerite Armières, rue du Baillage, Rouen. » Marguerite... « Mademoiselle Valentine Ronchon, rue du Baillage. » Valentine Ronchon, c'est pour ma sœur.... Je n'y touche pas.... Car, de Thumeur dont elle est depuis quelques semaines (Voysnt que sa grand'mère ne l'écoute pas.) Mais tU
ne m'écoutes pas, grand'mère. Grand'mère, à quoi penses-tu?
Madame Armières mère. — Je lis.
Marguerite. — Vraiment? Tantôt tu étais à la page 154 (Penchée sur le livre.) Page 82.... Tu as donc Commencé par la fin?
Madame Armières mère. — Je reprends un chapitre intéressant.
Marguerite. — Tu ne lis pas, grand'mère. Tu es préoccupée.
Madame Armières mère. — Moi !
Marguerite. — Mais oui. Qu'est-ce qu'il y a donc?
Madame Armières mère. — Rien.
Marguerite. — Après le déjeuner, maman et toi, vous vous êtes retirées dans un coin et vous discutiez, vous discutiez....
Madame Armières mère. — Quelle plaisanterie!
Marguerite. — Et de quoi parliez-vous?
Madame Armières mère, après réflexion. — De ton trousseau... puisque tu vas te marier.
(La bonne ouvre la porte et introduit Ternand.)
Terna.nd, soixante ans. — Bonjour, chère madame. Marguerite, lui sautant au cou. — Mon parrain ! Madame Armières mère. — Bonjour, mon hon Ternand. Ternaîsd. — Je passais devant votre porte. J'ai eu