ACTE PREMIER
n'entend plus la plaisanterie. Quelquefois, pour la taquiner, je l'appelle : « Mademoiselle Rouchon )),lenoni de son père. La semaine dernière, elle m'a répondu méchamment et m'a regardée avec ses yeux mauvais, ses yeux d'autrefois.
Tern.vnd. — Depuis quand ce surprenant changement" d'humeur?
Marguerite. — Cinq semaines... un mois.
Ternand. — A quel propos?
Marguerite. — Tâchez de le savoir. Je n'ai pas obtenu de réponse.
Ter.na.m). — Elle a peut-être mal à l'estomac ou elle est amoureuse.
Marguerite, ôclaJant de rire. — Valentine amoureuse!... Ça serait drôle!... Non.... Je ne vois pas Valentine....
(Mme Armicres parait à gauche.)
Madame Armières, apercevant Ternand. — Ah! Ternand ! (Klle entre en scène, très élégante, encore jeune.)
Ter.nand. — Ma chère amie. (Serrements de mains.)
TER.\A>fD, regardant Mme Armicres. — Souffrante?
Madame Armiî;res. — Vous me trouvez changée?
Ternand. — Un peu pâlie.
Madame Armières. — Oh! tant de soucis. (Se reprenant.) Tant de coi-rses, d'allées et venues, pour le mariage de Marguerite. Mais asseyez-vous donc. (A Marguerite.) Où est ta sœur?
Marguerite. — Dans sa chambre où elle s'est enfermée.
Madame Armières. — Va la chercher. Dis-lui que ton parrain est 1^.
Ternand. — Non.... Ne la dérange pas.... J'ai à parler à ta mère.
Madame Armières. — A moi?
To^fE II. 10
^2fI8 LA MAISON D'ARGILE.
Ternand. — Oui.
Madame Armïèues, inquiète. — Ah!
Margcerite. — Un secret? Qui me concerne?
TER^•A^D. — Des affaires... qui ne t'intéressent pas.
Madame Armières mère. — Alors, \a mettre ton chapeau. Je t'accompagnerai chez la couturière pour essayer la robe que je t'ai commandée.
Madame Armières. — Tu reviendras quand on l'appellera. Va tenir compagnie à ta sœur.
Marguerite. — Ah! Je vais être bien reçue par Mlle Ronchon.
Madame Armières. — .Marguerile! Je t'ai dit....
Marguerite, sortant. — Oui, maman Mais je trouve
que ce nom lui va si bien quand elle prend sa ligure fâchée, Mademoiselle Ronchon!
Elle sort.