ACTE PREMIER
Madame Armièrbs. — Non.
Madame Arhières mère. — Personne n'est venu?
Madame Armières. — Personne. Ah! si.... Deux messieurs de Paris.
Madame Armières mère. — Qui?
Madame Armières. — Nous ne les connaissons pas. L'un est assez âgé, l'autre jeune, tous deux très au courant de l'industrie métallurgique. Ils ont demandé à réfléchir, à consulter leur commanditaire.
Madame Armières mère. — Vous les avez vus?
Madame Armières. — Non. Ils ont visité l'usine, il y a un mois environ, en l'absence de mon mai'i. Mais l'affaire leur plaît, semble-t-il, nous attendons leur réponse.
Madame Armières mère. — Si elle tardait à venir?
Madame Armières. — On traiterait avec les Aciéries.
Madame Armières mère. — Le prix offert couvre-t-il le passif?
Madame Armières. — A peu de chose près.
Madame Armières mère. — Mon Dieu ! . . . Quel malheur ! . . .
Madame Armières. — Le plus grand malheur serait que l'avenir de Marguerite fût compromis. 11 ne l'est pas; son mariage ne sera même pas retardé.... (7est moi, moi seule qui verserai les trois cent mille francs de la dot.
Madame Armières mère. — Et après?
Madame Armières. — Dame... après... ma fortune.... Il me restera peu de chose. Heureusement, je n'ai besoin de rien.... p]t Valentine ne songe pas à se marier
Madame Armières mère, lui prenant les mains. -^ Chère Marthe.... (Avec des larmes.) Ah! mon pauvre Henri!
Madame Armières. — Allons, grand'maman, du courage ! 11 faut nous soutenir les uns les autres et nous réconforter. Veillons surtout à ne pas tourmenter Henri
224 LA MAISON D'AHGILE.
de nos plaintes, nous ajouterions à ses inquiétudes.
Marguerite entre.
Marguerite, elle a son chapeau. — Tiens ! mon parrain est parti. Et Mme de Réhy?
Madame Armières. — Elle vient de téléphoner. Elle ne pourra pas venir aujourd'hui.... Une visite imprévue chez elle.
Marguerite, désappointée. — Ahl... (à Madame Armières mère.) Alors, grand'mère, allons chez la couturière.
Madame Armières, à sa belle-mère. — Dînerez-vous ici?
Madame Armières mère. — Non.... Je me m^ets au lit de si bonne heure !
Elle remonte, la femme de chambre lui apporte son manteau. Elle le met.
Madame Armières. — Ah! Et Valentine? Tu ne m'as pas dit ce qu'elle faisait.
Marguerite, embarrassée. — C'est que
Madame Armières. — Pourquoi n'est-elle pas venue?... Eh bien? Réponds.
Marguerite. — Elle est sortie.
Madame Armières. — Valentine?
Marguerite. — Oui, maman.
Madame Armières. — Seule?
Marguerite. — Seule.
Madame Armières. — Depuis quand?
Marguerite. — Après le déjeuner.
Madame Armières. — Oui te Ta dit?
Marguerite, — liortense. (Madame Armières va sonner.)
Madame Armières. — Où est-elle allée?
Marguerite. — On ne sait pas....
Madame Armières. — Oh! par exemple!
Madame Ar.mières mère. — Eh bien, Marguerite?
Marguerite. — Me voilà. Au revoir, maman. Embrasse papa s'il rentre avant moi-