ACTE PREMIER
dont VOUS n'aviez pas encore joué. Avec vos qualités, vous serez bientôt un virtuose. A quand le premier numéro ?
D'Urth. — Oh I Le journal existe déjà. C'est La Quotidienne. Mais je vais le réformer, l'agrandir. Je me suis assuré la collaboration d'un certain nombre d'hommes politiques.
Le Baron. — Le Parlement et la Presse? Que parliezvous de situation critique! Diantre! Jamais vous n'aurez été plus puissant.
D'Urth. — Ce n'est pas impossible. Mais J'aperçois
Chauvelot. Je vous laisse. Décidément, vous ne me donnez pas mon million?
Le Baron. — Oh! mon cher.... Quand vous l'aurez gagné.
D'Urth sort par le fond. Chauvelot est entré : soixante-clLs ans, face rasée, cheveux blancs, petite tète d'oiseau de proie.
Le Baron, quand d'Urth est sorti. — Yous arrivez à peine? Vous avez l'air inquiet, Chauvelot... Qu'y a-t-il?
Chauvelot. — Fâcheuse nouvelle. La victoire d'un détachement français en Algérie..
Le Baro-n. — On s'est battu? La colonne Tricot où est mon fiïs?
Chauvelot. — Non. La colonne du commandant Robert. Négou-Abdou, ce fanatique qui essayait de soulever les populations du Sud, a été battu par nos soldats.
Le Baron. — Qu'est-ce que cela nous fait?
Chauvelot. — Il a pu s'échapper et se réfugier en Mauritanie.
Le Baro.\. — Nom de....
Chauvelot. — Une tribu l'aurait salué du titre de prophète et reconnu comme envoyé d'Allah pour chasser les roumis et détruire leurs inventions maudites.
30 LES VENTiŒS DORÉS.
Le Baro.\. — Est-ce bien sûr?
Ghauvelot. — Les dépêches l'affirment. Il a perdu la plupart de ses troupes, il est vrai, son trésor de guerre et ses munitions. Mais on peut lui envoyer de l'arç^ent et des fusils.
Le Baro.n. — Qui?
Chauvelot. — Nous avons assez d'ennemis désirant notre chute, des nations qui nous jalousent et des spéculateurs que notre ruine enrichirait. La seule présence de Négou-Abdou en Mauritanie, même nu, désarmé et pauvre, est un danger pour nous. 11 peut prêcher la guerre sainte contre les infidèles. En tout cas, attendezvous à voir tous les baissiers, Monner, Gonzalo... d'Urth....
Le Baron, avec xm regard du côté où est sorti d'Urlh. —
D'Urth... oui... je sais.
Chauvelot. — En lancer la nouvelle à la Bourse. Le succès de notre dernier emprunt, le bruit qui court de la découverte de mines d'or, ont amené la hausse des titres de la Nouvelle -Afrique. Ces messieurs perdent beaucoup d'argent. Ils attendent une revanche. Nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Le Baro-x, vivement. — On ne touchera pas à mon œuvre. Mais à demain les affaires sérieuses. Gardez secrète la jiouvelle. N'effrayons personne aujourd'hui et....
Carrier entre en scène vivement. — Mon cher ami....
Le Baron. — C'est le roi?
Carrier. — Oui. 11 arrive en automobile. Il est là.
Le Baron. — J'v vais. (La scène se remplit de monde- Le baron i-emet le portefeuille au jeune homme qui l'a apporté.)
Voici les réponses, qu'on les expédie. Que le caissier vienne demainmatin chez moi. [Apercevant Grimblot.jGrim-