ACTE DEUXIEME
La salle oi Conseil d'administration. Cartes de la Mauritanie, Portrait de l'empereur, etc — Un cotfre-fort. Léon ran^re des papiers :ur la table. Cliavard, vieux comptable, lit un rapport devant I; cheminée où flambe ua grand feu. Entre Rando ayant des papitrs à la main.
LÉON, CHAVARD, RANDO
Rando. — M. Vernières n'est pas encore ari'ivé, monsieur Cha^ard?
Ghavard, ■ — Pas encore, monsieur Rando.
Rando. — Il n'y a donc pas réunion du comité?
Chavapo. — Si... puisqu'on a convoqué d'urgence ces messieun. (il tire sa montre.) Deux heures trente-deux... mauvais exemple pour les employés.
Ra:çdo. — Pas pour vous. Parions que vous n'êtes jamais an vé en retard.
CiiwARi. — Une seule fois, monsieur Rando, le jour où j'ai enerré ma femme. Une administration sérieuse ne devrait pas garder dans ses bureaux des employés inexacts oi négligents. Tenez, nous voilà tous les deux, nous bavarions, nous ne travaillons pas; nous perdons notre temp.
54 LES VENTRES DORÉS. j
R.vNDO. — Je ne m'en plains pas.
Chavard. — Le temps c'est de l'argent. Et Diai sait s'il convient qu'on en soit économe dans cette maison... en ce moment.... Enfin.... Mettez donc une autW bûche dans le feu, Léon. /
Léo5. — La cheminée est pleine. '
Chavard. — 11 y a encore une petite plaça., là.... Vous avez touché à mon bureau.... Je vous l'ivais défendu. I
Léon. — Moi, monsieur Chavard? \
Chavard. — Vous avez changé ma plume. \ous avez mis une Blanzy. Et l'on n'écrit bien qu'avec des Sergent- Major... à cause des pleins. Devant le feu.) B.t! Il fait froid. ;
Rando. — Oui. Du vent... de la pluie... cfe la neige fondue... vilain automne.
Chavard. — Mes rhumatismes me tourmentent... Il leur faudrait de la chaleur. L'hiver proclBin, je les chaufferai au bon soleil de Nice.
Ra>do. — Vous quitteriez la Compagnie?
Chavard. — On se fait vieux, on est las,;oii aspire au repos, un repos bien gagné! On a aussi son pett amourpropre de comptable. Mieux vaut s'en aller ;|uand on voit....
Rando. — Quoi? '
Chavard. — Oh! rien... (Montrant les papiers.^ Vous apportez ?
Rando. — Des mémoires que j'ai vérifiés... Et ça?
Chavard. — Une note sur la composition lu dernier syndicat pour M. Hermann Klobb. \
R.iNDo. — Il est rentré à Paris? Il donnait jne grande fête ces jours-ci à Hyères.
Chavard. — Il devait revenir à la fin du nois.... Mais