ACTE TROISIEME
vos jours sa consumeraient en mortifications.... Si l'une de nous doit traîner une existence misérable, f[uc ce soit moi! La pauvreté, les privations, les fatigues mêmes d'un labeur quotidien, j'accepte tout, pourvu que vous soyez heureuses.... Mon mari, mon fils, où sont-ils? (A Vaieniine.) Ton frère est là?
Valentlne. — Je te l'ai dit.
Madame Armières. — Qu'il vienne.
Valemine. — Ici?
Madame Armières. — Oui.
Vale.ntixNe. — Maman....
Madame Armières. — Je l'en prie.
Valentine. — Mais
Madame xVrmières. — Il faut que je le voie, tout de
suite. Il le faut... va... va.... Valentine sort.
Marguerite. — Maman....
Madame Armières, ouvrant la porte de gauclie. — IJenri! Henri!...
Margcerite. — Qu'est-ce que tu veux donc faire ? Madame Armières. — Henri... oui... c'est moi qui t'appelle.
Armières, entrant. — Pourquoi ? (La regardant.) Qu'est-ce que tu as?
Madame Armières. — Jean va venir.
Armières. — Dans ma maison? Quand?
Madame Armières. — A l'instant.... Il est là. Armières. — Jamais il ne reparaîtra en ma présence. Je lui défends....
Madame Armières. — Je l'ai envoyé chercher. Armières. — Alors, c'est moi qui lui cède la place. Madame Armières. — Non... non... tu resteras. Armières. — Jamais, entends-tu, je ne consentirai à me trouver en face de cet homme. J'ai pu me contenir
2g4 LA MAISON DARGILE.
tout à l'heure par pitié pour toi-même, je n'ai pas relevé ses injures, je ne l'ai pas châtié de ses insolences ; mais deux fois en un jour, je ne subirais pas de tels affronts de sang-froid.
Madame Armières. — Tu recevras mon fils et tu prendras sur toi d'oublier les paroles qu'il a prononcées dans l'emportement et la colère.... Ahl je te demande en grâce d'être patient.... Tu ne repousseras pas la seule prière que je t'ai adressée.
Armières. — Mais pourquoi l'avoir fait appeler? Quel est ton dessein? Que prétends-tu faire?
Madame Armières. — Eh bien — (Paraît Jean qui, voyant Armières, recule.) Entrez....