ACTE PREMIER
retourne. Cousin fait les présentations.) M. Jadill, banquier à Lyon. M. le marquis d'Angerville, un des adminislrateurs de la Nouvelle-Afrique.
D'Angerville, Jadi.n. — Ravi... monsieur... enchanté....
D'AxGERViLLE. — De Tliau nous a parlé de vous au conseil. Eh bien, avez-vous eu beaucoup de souscripteui^s pour cette émission, la troisième, qui sera la dernière, j'espère?
J.\DL\. — Beaucoup. On a une telle confiance dans la Nouvelle-Afrique. Il est vrai qu'une Société ayant à sa tète un président comme le baron de Thau, un administrateur délégué connue M. Yernières !
D'Angerville. — Ah ! le baron de Thau est un homme supérieur! Une intelligence des affaires I Un coup d'œii, n'est-ce pas, maître Cousin?
CoisLN. — Certainement. Mon patron, W Vergniaud, qui connaît bien les financiers, puisqu'il défend la pluput de ces messieurs, en correctionnelle, M^ Vergniaud me disait, hier encore, qu'il n'y a pas à Paris detix hommes comparables au baron. Il est depuis vingt ans dans les affaires : il n'a pas eu un procès scandaleux; c'est un grand financier et c'est aussi un lonnéte homme.
Jadln, à d'Angervillo. — Dîtes-moi, OU prétend qu'on .a découvert des mines d'or en Mauritanie?
D'Angerville, résorvé. — Hé ! Hé !
Jadin. — C'est une grosse nouvelle et qui ferait une f(rte hausse sur vos actions si elle était confirmée.
D'Angerville. — Je ne suis pas autorisé à parler.
Jadin'. — Mais on peut interpréter votre silence! Regardant au fond.) Tiens... n'est-ce pas un de mes collègues?
iO LES V£>^TRES DORES.
D'AxGERviLLE. — Oiû, jl. Piobert Vernières, le frère de notre administrateur-délégué.
Jadin. — Oh! vous permettez.... (Il remonte.)
Cris et rires dans le Tond. Les deux hommes se serrent la rnain. Cousin et Jadin s'éloignent.
Pauline, dix-huit ans, s'est approchée depuis un moment de d'Angerville, elle attendait que Jadin se fut éloigné.
Paili>e. — Petit père !
D'Angerville. — Qu'est-ce que tu veux, fillette?
Pauline. — Cette dame... là-bas... est-ce que ce n'est pas la piincesse de Holsbeck?
D'A-XGERviLLE. — Oui... tu Ja connais bien.
Pauline. — Quel costume porte-t-elle?
D'Akgerville. — Celui de Puck, le personnage qu'elle doit représenter ce^soir dans le Songe d'une nuit d'été'.
Pauline. — Qu'est-ce que c'est c{ue le Songe d'une nuit dé tel
D'Angerville. — Une féerie de Shakespeare.
Pauline. — Shakespeare! Ah-l... ce sera amusant 1
D'Angerville. — Bien plus que tu ne crois. Des gtns du monde jouent les rôles.
Pauline. — Mme Vernières nous parlait du sien tout à l'heure. Elle dit qu'il est très difficile.
D'Angerville. — Il se plaint d'elle?
Pauline, désignant quelqu'un dans la coulisse. — Et Cf
monsieur? Il paraît dans la pièce?
D'Angerville. — Quel monsieur?
Pauline. — Celui qui a le burnous blanc.
D'Angerville. — ?\on, ma fdle. Ce n'est pas un comctdien. C'est un dipiomate, Son Excellence El Mansour, envoyé de l'empereur de Mauritanie.
Pauline. — Qu'est-ce que c'est que la Mauritanie?