ACTE TROISIEME
Le Baron. — Celle de Lelierre. Jl dit que les travaux avancent.
Verrières. — Elle est vieille de dix jours. Le Baron. — Ils n'y regarderont pas de si près. Ça
les calmera. (Léon sort, le baron parie au téléphone.) C'est
VOUS, Salomon? Oui, c'est moi le baron de Thau... Carrier vient d'arriver.... Voulez-vous tout de suite téléphoner à la Bourse, à votre agent de change Richard... oui, d'acheter de la Nouyelle-Afrique. Eh bien, au comptant! Envoyez chercher les fonds... qu'il marche! cpi'il marche!... C'était nécessaire... oui... je crois. Quel bruit? quel nouveau bruit? 11 est mort? qui?... Je ne comprends pas. Qui, dit-on qui est mort? Moi?... Comment? Je suis mort!... Ils disent que je suis mort ! Carrier. — Ah ! les canailles !
Le Baron. — Passez les ordres et revenez à l'appareil.
Vernières. — Voilà ce qu'ils ont inventé!
Klorb. — La mort de notre président.
Chauvelot. — Son suicide, doivent-ils dire.
Klobb. — C'est le coup le plus sûr qu'ils pouvaient nous porter !
Chauvelot. — Et irréparable !
Klobb. — Hs mettent les acheteurs en déroute.
D'Angerville. — Personne n'osera prendie de la Nouvelle-Afrique.
Carrier. — Un lâchage général!
Vernières. — Les gredins! Contre eux, vous avez raison, tout est permis.
Chauvelot. — Vous voyez bien!
Klobb. — Et vous hésitiez î
D'Angerville. — Mais l'on ne peut rien faire?
Chauvelot. — Que faire?
D'Angerville. — Démentir.
Chauvelot. — OÙ? Quand? Comment? Par quel moyen?
Le Baron, qui a réfléchi, se levant, à Angerville. — Votre
automobile est en basl
D' Angerville. — Où allez-vous ?
Le Baron. — A la Bourse, il faut que j'y paraisse.
Tous. — Oui ! oui !
Le Baron, il prend son chapeau. — Je leur montrerai que je ne suis pas mort et que la Nouvelle-Afrique est bien vivante aussi. (A Chauvelot.) Téléphonez à Salomon qu'il fasse acheter toujours.... Je lui confirmerai les ordres de vive voix. Dans dix minutes, je reviens. (Il sort.)
D'Angerville. — Ils ne l'attendent pas, là-bas.
Carrier. — Ils croyaient nous avoir pris au traquenard, mais la bête a toute sa vigueur.
Chauvelot. — Ne laissons pas couper la communication.
Klobb. — Us exultaient déjà.
Vernières. — Quand les cours remontront, je voudrais être à la Bourse près de d'Urth. Ah! voir pâlir sa face de... sa face de baron!
D'Angerville, à l'appareil. — Allô! allô! C'est moi le marquis d' Angerville.... Oui, le baron de Thau est parli pour la Bourse. Avez-vous téléphoné à Ricard?... Le chiffre?... On ne vous a pas indiqué le nombre de titres à acheter?
Klobb. — Ah! oui... combien de titres?
Vernières. — Eh bien! Dix mille Afrique !
Klobb, — Qu'il commence par en acheter dix mille I
D'Angerville, à l'appareil. — Faites acheter dix mille Afrique... oui... pour commencer... je reste à l'appareil....
Dans la coulisse le grondement grossit.
Klobb, furieux. — Ah! ça ! ils ne se tairont donc pas?