ACTE TROISIÈME
Carrier. — Qu'on les fiche à la porte!
D'AiXGERviLLE, à l'appareil. — Noiis causoiis, mademoiselle, nous causons.
Klobb. — Écoutez! Dans la rue, on crie....
Carrier. — Il en vient d'autres?
Klobb. — Non, des journaux.... Il me semble entendre.... Oui.... « La mort du baron de Thau ».
Carrier. — Pas possible!
Vernières. — Ils n'oseraient i)as!
Klorb. — Si... j'en suis sûr maintenant....
Vernières. — Entr'ouvrez la fenêtre.
D'Angerville ouvre la fenêtre. On enlend des camelots crier : a Troisième édition : la mort du baron de Thau ».
Carrier, se précipitant vers la l'enètre. — Ce n'est pas vrai! ('e n'est pas vrai.
ChaUVELOT, le retenant. — TaisCZ-VOUs!
Klobb. — Leur dernière manœuvre.
Carrier. — Ici! sous nos fenêtres... ces aboyeurs... allez-vous-en.... Agent? Monsieur l'agent?
Chalvelot. — Je vous dis de vous taire.
Klorb. — Et tous ces imbéciles qui s'arrachent le numéro !
Verrières. — On doit le crier devant la Bourse.
Carrier. — Dans tout Paris.
Klobb. — Quel effet!
Carrier. — Mais demain, la correctionnelle. En correctionnelle!...
D'ÂNGERviLLE, à l'appareil. — Allô!... Oui. Vous avez passé les ordres? C'est insuffisant? Ah! vous trouvez?...
Carrier. — Oui, c'est insuffisant? Jetons d'autres ordres!... Écrasons-les!... C'est quinze mille Afrique qu'il faut acheter!
D'Angerville. — Quinze mille?
Chauvelot. — Oui, quinze mille.
D'AiGERViLLE, se levant. — Mais
Carrier. — Quoi? Vous n'osez pas?... Passez-moi l'appareil.
Chauvelot, le retenant. — Non, pas vous.... Klobb.
(Klobb va à l'appareil, à Carrier.) Votre VOix tremble. Voulez-
Yous laisser croire que nous sommes émus?
Y£R>'iÈREs. — Ah! je voudrais avoir des millions à ajouter à ceux de la Nouvelle-Afrique.
Klobb, à l'appareil. — Allôl... Faites acheter quinze mille Afrique.
Carrier, criant lui-même. — Oui. Quinze mille Afrique!
Klobb. — Comment? Vous n'entendez pas? (A Carrier.) Chut!... Je vous dis de faire acheter quinze mille Afrique... oui, c'est d'ici qu'on téléphone.... M. Klobb.. . d'ailleurs le baron de Thau va confirmer l'ordre à Ricard.
Rando, l'employé. 11 entre vivement. Parla porte fjuil laisse ouverte, on voit s'agiter des gens dans l'antichambre.
Ra>-do. — Messieurs, on dit que M. le baron de Thau est mort!
Carrier, lui sautant à la gorge. — Vous aussi !
Rando. — Un journal que l'on crie dans la rue....
Carrier. — De Thau sort d'ici.
Rando. — Le grand hall, les bureaux sont encombrés par la foule... on nous accable de questions... on veut absolument vous voir... vous interrosrer.
D'A^GERVILLE. — Nous !
Rando. — Il faudrait qu'un de ces messieurs descendît... ou nous ne pourrons pas les empêcher de pénétrer ici.
Carrier. — Ici? Jamais de la vie?... Fermez les portes ! Qu'est-ce que fait Léon? Où est-il?