ACTE TROISIÈME
Le curé. — Gomme ils vont être hem'eux là-bas !
Le caissier. — Je suis sauvé!... Si vous saviez?
La vieille dame, ((ui continue à pleurer, mais de joie. — Ah! mes filles, mon Dieu, mes petites!
L'homme crédule. — Je vous le disais bien... j'en étais sûr.
La paysanne, ahurie. — Ben quoi? On. est encore riche, alors ?
Carrier, qui est dans le groupe. — Vous voilà rassurés, hein? Alors, sortez. Laissez-nous travailler. /
Klobb. — Oui, allez-vous-en... passez dans le hall.
Des garçons de bureau font sortir la foule.
L'homme crédule, au commerçant. — Les cours vont remonter sans arrêt.
Le commerçant. — Croyez-vous?
L'homme crédule. — Parbleu! Et quand le gouvernement aura déclaré qu'il nous prend sous sa protection, ils arriveront à quinze cents ou à deux mille.
Le commerçant. — Dites donc, il y aurait peut-être un beau coup à faire.
L'homme crédule. — En achetant, dès aujourd'hui, de la Nouvelle-Afrique? J'y pensais.... Je file à la Bourse.
Le commerçant. — Attendez-moi, je vais avec vous.
Tous sortent.
Ghauvelot, les regardant sortir. — Les braves gens! Cette joie fait plaisir à voir!
Carrier. — Le triomphe! je respire! je vis, je renais, mon CQ'ur s'élargit.
VerniÈi;i:s, qui serre la main au baron. — Ah I llion ami !
mon ami !
D'Angerville. — Mais quelle émotion!
88 LES VE^iTRES DORÉS.
Chauvelot. — La fiè\Te du jeu.
Carrier. — Vous souriez? Chauvelot sourit! Le premier sourire de Chauvelot, messieurs !
Klobb, à Yernicres. — Eh bien! que dites-vous de ça.'^
Vermères. — Vous aviez raison... c'était le seul
moyen... ahî... si j'avais su (Au baron.) Avez-vous vu
le baron d'Urth?
Le baro.n. — En arrivant à la Bourse; il était livide.
Verrières. — Le gueux!
Carrier, se frottant les mains. — Je gagne la forte somme... oui... comptant sur l'effet delà décision prise hier, j'ai donné des ordres ce matin à mon agent àe change.
D'Angerville. — Moi aussi !
Klobb. — Moi aussi! A Yemières et au baron ) Dites-donc, cette foule, tout à l'heure... j'avais peur qu'ils ne démolissent le coffre-fort.... Les lettres de notre premier ingénieur... ses rapports confidentiels... et les autres pièces... il faudrait brûler ça.
Vermères. — Diable ! ... détruire ! Enfin ! nous verrons.
(Il tire sa montre.) Deux heures et demie? Et la Bourse ne
ferme qu'à trois heures I
Carrier. — On montera jusqu'à la clôture.
Klobb. — Il n'y a plus rien à redouter.
D'A>GERviu.E. — Ils ont épuisé leurs munitions.
Silence. Coup de téléphone. Ils se regardent interloqués, le baron se met à l'appareil.
Le baro>. — AUo!... .Alil Salçmon!... Oui, c'est moi.... (Il écoute.) Tonnerre! Pourquoi? Il m'assassine! (Aux administrateurs) La Banque anglo-belgB vend.^. ses trente mille titres.
Klobb. — Trente mille titres !
Vermères. — C'étaient nos alliés.