ACTE QUATRIÈMF
Klobb, gémissant. — Oh 1 oli ! des poursuiles, dans mon état !
Chauvelot, au baron. ^- Vous en êtes sûr?
Le Baron. — Certain. J'en suis avisé depuis une heure.
Chauvelot. — Par qui?
Le Baron. — Quelqu'un... un ami... (Plus bas.) Boric.
Carrier. — Des poursuites contre moi, Carrier, directeur de V Impartial. Ah! ils osent .. mais qu'ils prennent garde ! Je traînerai dans la boue le parquet, la justice, le gouvernement, la République!
Le Baron. — Ne criez pas, nous sommes seuls.
Brianne. — Et ma famille! Un beau-frère ambassadeur, un cousin général, un oncle....
Yeurettes. — C'est la science qu'ils déshonorent en
moi !
Ckauvelot. — Etre sorti de vingt faillites, de la Goulebra, des Mines du Radon, de la Société des Etains et se trouver sous le coup des poursuites, à mon âge!
Carrier, à Cbauvclot. — Ce qui arrive est de votre faute.
Chauvelot. — Ma faute?
Carrier. — Oui, j'aurais dû me méfier. 11 suffit que vous entriez dans une société pour lui ficher la guigne, depuis la Coulebra jusqu'à la Nouvelle-Afrique. Vous avez le mauvais œil. D'ailleurs quand on va à la messe tous les matins
Chauvelot, piqué. — Pardon, mon cher, je n'étais pas dans la Compagnie des Charbonnages du Nord que vous présidiez et qui a fait faillite.
Carrier. — iMais vous étiez de la Comp.ignie des Poudi'es qui a été mise en liquidation avec un passif de dix-neuf millions.
lOG LES VENTRES DORES.
Le Baro>-, s'inierposant. — Messieurs I
Chauvelot. — Et le pouf de votre banque des Deux- Mondes qui a coûté trente-cinq millions à l'épargne?
Carrier. — Et votre fuite de la principauté du Danube sous le déguisement d'un marchand turc, parce que les révolutionnaires que vous aviez lancés contre le i^oi Rostova et à qui vous aviez vendu des cartouches de sable, voulaient vous empaler ?
^- [ Chauvelot. — Et l'emprunt du Harrar ou "g \ vous avez empoché six raillions.
§ i Carrier. — Et le procès scandaleux des Mes- ^ ( sageries nouvelles.
Klobb. — Messieurs, je vous en prie, ne remuez pas le passé. Voyons, Chauvelot.
Chauvelot. — Et puis vous, laissez-nous tranquilles. Vous coûtez assez cher à la Compagnie. Oui, nous avons fait à des syndicats de garantie des avantages scandaleux parce que vous-même et Brianne étiez représentés dans ces syndicats par des hommes de paille.
BriaxNne. — Ah I dites-donc, est-ce que vous ne nous avez pas obligé à passer des traités onéreux avec la Compagnie des Aciéries de l'Ouest dont vous êtes administrateur avec deux ou trois de nos collègues?
Veurettes, Klobb et Carrier. — Oui, c'est vrai I
Chauvelot. — La Société des Aciéries vous a fourni des rails et du matériel. L'argent que vous lui donniez n'était pas de l'argent gaspillé comme celui qu'on versait à notre illustre collègue Veurettes pour débiter avec autorité des mensonges dans ses articles ou celui qu'on répandait dans des journaux amis comme Yhiipartial, dont le directeur a empoché plus de deux cent mille francs.
Carrier. — Le prix de ma publicité.