ACTE CINQUIEME
De ïh\u. — Sur le premier point, je peux répondre tout de suite; il était dans l'intention du syndicat anglo-américain de payer le dividende promis, six mois après la constitution de la Société. Sur le second point, je prends l'engagement de plaider la cause des obligataires. Je crois fort que j'obtiendrai satisfaction.
CiiAuvELOT. — Quant à Messieurs les actionnaires, j'ai une bonne nouvelle à leur donner. Le représentant du syndicat anglo-américain qui est ici présent vient de m'assurer que le syndicat est prêt à rompre les pourparlers engagés avec des banques (on applaudit), à accepter les quarante millions que vous lui apportez (nouveaux applaudissements] et, au point de vue des intérêts, à réserver le même traitement qu'aux actions nouvelles à l'action échangée contre trois actions de l'ancienne
Société. Tonnerre de bravos.
Premier actionnaire. — Messieurs, pour, clore cette discussion, je viens avec quelques amis de rédiger un ordre du jour, dont j'ai fait passer une copie à M. le Président. Je le prie d'en donner lecture. Et pour que cet ordre du jour fasse impression sur les pouvoirs publics, je demande à l'Assemblée de le voter à l'unanimité.
De Thau. — Messieurs, avant de lire cet ordre du jour, laissez-nioi vous dire que s'il est adopté, toutes difficultés se trouveront aplanies. La nouvelle Société sera constituée en quelques jours, les travaux reprendront dans quelques semaines, ils seront achevés en moins de deux ans. Avec la satisfaction d'avoir poussé jusqu'au cœur de l'Afrique la civilisai ion française, vous trouverez le dédommagement de vos pertes, vous réaliserez des bénéfices magnifiques, dont je n'ose chiffrer l'importance. Pour moi, pour nous, après tous les outrages dont on nous a abreuvés, ce sera notre
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récompense de voir prospérer une entreprise à laquelle nous avions dévoué notre vie et de l'avenir de laquelle nous n'avions jamais douté. 'On applaudit.) Je lis l'ordre
du jour. (Il ouvre une feuille de papier pliée en deux qu'il tenait à la main, el lit.)
« Les actionnaires el les obligataires de la Nouvelle- Afrique, réunis en Assemblée générale le... 19... dans la salle du....
« Font les déclarations suivantes :
(( Ils demandent qu'une Société nouvelle soit immédiatement fondée sur les bases indiquées à l'Assemblée; ils demandent au Gouvernement de n'entraver en rien les opérations de cette Société; de ne prendre aucune mesure qui serait de nature à inquiéter Sa Hautesse le Sultan de Mauritanie et qui porterait par suite les plus graves préjudices aux intérêts sacrés desdits actionnaires et obligataires ; ils font respectueusement observer quil s'agit avant de sauvegarder l'épargne française, d'éviter lin désastre national et la ruine de trois cent mille porteurs de titres. >)
Vifs applaudissements.
Je mets l'ordre du jour aux voix. Que ceux qui sont d'avis de l'adopter, veuillent bien lever la main.
Cris. — Oui! Oui! Oui! (Toutes les mains se lèvent.) Le Baron. — L'ordre du jour est adopté! (Tonnerre d'applaudissements.; Messieurs, la séance est levée. Je vous invite à vous séparer en criant avec moi : « Vive la Nouvelle-Afrique ».
Tous. — Vive la Nouvelle-j^friquel
Et la salle se vide au milieu de l'enthousiasme général.
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