‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 91 sur 170 · SCÈNE PREMIÈRE MULLER, JULIE, P^is ROGER · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE MULLER, JULIE, P^is ROGER

Au lever du rideau, Multer est seul, assis dans un fauteuil. — Il est nerveux, impatient. Il se lève enfin, fait le tour du salon, examinant les tableaux, les meubles, les bibelots. Il entend un bruit de pas, il court se rasseoir. — Julie entre. Elle met une bûche dans la cheminée.

MuLLER, 37 ans. — Distingué, chauve. — Pince-nez en or. Avez-vous prévenu mon beau-père de mon arrivée?

Julie. — Oui, monsieur.

Mui.LER. — Je l'attends depuis un quart d'heure.

Julie. Si monsieur le désire, je vais retourner....

MuLLER. — Inutile. Je patienterai un moment encore. M. lîoger est seul?

Julie. — Oui, monsieur.

MuLLER. — Ces dames?

Julie. — Elles sont sorties.

Elle arrange le feu.

MulleR, après un silence. — Impatienté. — Sapristi de sapristi!... (La porte du fond s'ouvre. Roger parait.) Ail I

Ro.ER, à Julie. — Madame n'est pas rentrée? Julie. — Non, monsieur, pas encore.

406 LE BIEN D'AUTRII.

Roger. — Dès son arrivée, prévenez-moi.

Julie. — Bien, monsieur.

Elle sort.

Mllleh, allant vers Pvoger, la main tendue. — Mon cher

beau-père, vous me voyez exact au rendez -vous. Belle-maman se porte bien? Marie aussi, n'est-ce pas? ainsi que René?... Et Jeannette?... Il y a quatre mois déjà que je ne l'ai vue.... Elle n'a pas été malade?

Roger, ayant à peine la force de répondre. — Non.

Mdller. — Vous me permettrez bien de l'embrasser?

Roger. — Certainement.

Muller. — Et... Alphonsine? Elle n'a pas trop souffert de ses migraines?

Roger. — Non.

Miller. — Pour vous, mon cher beau-père, je ne vous demande pas des nouvelles de votre santé, car.... Au fait, vous ne paraissez pas dans votre assiette aujourd'hui? Uu'avez-vous?

Roger. — Rien... un malaise passager.

Muller, près de lui. — Mais alors....

Roger, lui désignant un siège et tombant lui-même [dans un

lauteuil. — Qu'est-ce qui vous amène?

Muller. — Ohl c'est bien simple. Voici. (Il tousse.) Hum! Je dois vous déclarer d'abord que j'aurais fait plus tôt cette démarche, si je n'avais dû m'absenter pendant trois mois. Je reviens d'Angleterre.... Oui.... Ma maison a intenté une série de procès à des contrefacteurs de Liverpool... Hum!... Je suis rentré à Paris, il y a douze jours seulement. Mon avocat m'avait offert de transmettre mes propositions au vôtre. J'ai jugé plus convenable de vous les apporter moi-même. (Pause.—

Muller atlend une réponse qui ne vient pas. — Pioger, le menton dans la main, paraît réfléchir. — Muller continue.) j'ai été désa-

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