SCENE VI Les Mêmes, LAUREAT
Laurent, qui pendant les scènes précédentes, après avoir fumé sa cigarette, se promenait dans la pièce du fond, vient de redescendre en scèns. Il entend les dernières paroles de sa mère.
Lalrert. — Tu ne le pourrais pas, sais-tu ; tu as des enfants.
M.VDAME Reyxard. — Quoi ! Tu n'auras pas un sou.... Pour que les usuriers viennent te réclamer ce que tu leur dois ?
Laurent. — Crois-tu qu'il m'en feront cadeau !
Madame Reyxard. — En tout cas, tu ne paieras pas tes dettes avec mon argent. Quand je ferai mon testament... (Laurent hausse les épaules. — Intentionnellement.) Mais je n'aurai pas peur de le faire. Ça ne fait pas mourir.
(A Reynard.) N'CSt-Ce paS ?
Reynard, évitant de répondre. — Evidemment, évidemment..,. Au revoir !
On entend sonner une demie.
Madame Reynard. — Neuf heures et demie ! Déjà. Et moi qui bavarde comme une pie. Je cours m'habiller. M. de Saint-Régis ne tardera pas à arriver.
Elle sort par la gauche. On voit Irma, dans la pièce du fond, arranger les bûches dans la cheminée. Reynard va pour sortir par la droite, Laurent le rappelle.
Laurent. — Papa ?
Reynard. — Quoi?
Laurent. — Fouille-toi. Il n'y aurait pas quelques louis au fond de ta poche ?
Reynard, — Tu as encore joué et perdu." Laurent. — Oh ! une bagatelle.
Reynard, prend dans son portefeuille un billet. — Tiens...
voilà cent francs.
Laurent. — Pas plus?
Reynard. — Travaille, si tu as besoin d'argent.
Laurent. — Je ne suis bon à rien, vous le dites tous ici.
Reynard. — Alors, tu aurais dû finir ton droit, au lieu de nocer et de te faire coller à tous tes examens.