ACTE DEUXIÈME
Perkier, furieux. — Alors sur 106000 inscrits, sur 80000 votants, je ne pouvais pas obtenir 53000 voix? Comment, pendant quatorze mois, j'ai eu ici plus de travail, plus de soucis que je n'en ai eu en dix ans dans ma filature ! J'ai passé defe nuits, des nuits enlièresjà cette table, pour équilibrer leur sale budget, pour leur faire des économies. Et ils me lâcbent. Et ils me préfèrent Maréchal. (Les bras au ciel.) Maréchal!... Oui! Oui! Voilà l'homme qu'il faut à cette démocratie badaude, un faiseur de boniments, un charlatan de carrefour, un vendeur d'orviétan qui se fera des rentes avec la crédulité publique! Ah ! on en verra de belles à la mairie, s'il est élu ! Et puis, zut ! Je m'en fiche ! Je retourne à ma fabrique ! Savez-vous que j'ai perdu beaucoup d'argent l'an dernier? Parbleu! Je n'étais jamais à mes bureaux. Je donnais tout mon temps à Salente.
AsTiiAUD. — : Voyons, mon cher ami, du sang-froid; vous parlez comme si nous avions été battus. La preuve la plus forte que l'on croit à notre succès, c'est la volteface de Guébriant. Vous avez lu son interview. Il n'a pas de conseils à donner aux électeurs, dit-il, mais ils doivent arracher les masques et ne voter que pour de vrais républicains. C'est un coup droit à de Riols et à sa liste de réformes sociales. Cela veut dire qu'il le lâche et passe de notre côté.
Ferrier. — Ah! je sais pourquoi... Mais s'il croit 1110 désarmer ainsi! Je peux être battu dimanche, il sera par terre avant moi... C'est ce coquin qui a fait arrêter notre pauvre Bouvet, lequel est innocent, j'en mets les mains au feu ! Mais le cours de ses exploits est achevé. En prenant la fuite la semaine dernière, Mar-