ACTE DEUXIÈME. 2(H
Ferrier. — Il refuse «l'ontrci- en pourparlers ;ivoc ses employés.
iMasskhcbuf. — Sapristi !
AsTRAiii. — Pourquoi?
Ferrieiî. — Il répond fpiil y a six mois, à la suite de la première grève, la Compagnie a consenti un relèvement de salaires, qu'un accord a été signé, par mon intermédiaire, entre les employés et elle, et qu'il est impossii)le, six mois plus tard, de revenir sur cet accord.
GiDo.N. — Voilà bien la tactique du patronat : repousser avec hauteur les revendications des prolétaires.
AsTRAiD. — La Compagnie ne voit donc pas dans quel imbarras elle nous met ?
Fer RI I R . — La Compagnie a raison. C'est ici une grève lolitique. Les employés exercent un chantage.
Massefœuf. — Ils voteront contre nous s'ils n'obtiennent pas satisfaction.
AsTRAUD. — Nom d'un chien de nom d'un chien!
Maktix, enirani. — Monsieur le maire, les délégués des liams, conduits par Rondoli, sont en bas, faut-il les aire monter ?
Ferriek. — Non! Non !
AsTHAUD. — Diable !
Ferrier, — Gidoii, allez les recevoir.... Dites que la fompagnie ne nous a pas donné de réponse. Qu'ils revennent demain matin. Je ferai ce soir une nouvelle dïmarche auprès de Gerbier.
Gidon sort.
JusTiiN, entrant. — M. le secrétaire général envoie ces pèces à la signature.
Martin. — J'ai dans mon cabinet une délégation îles employés de commerce. Us nous donneront leurs voix si nous obtenons des patrons une diminution des lieures de travail, une augmentation des salaires.
Ferrier. — Comment pourrais-je obtenir?... Les patrons m'enverraient promener.
Martin. — Mais il paraît que, de son côté, Marécbal
leur....
Ferrier. — Non ! non ! ;I1 remonte, Justin lui parle à vo(X
basse.)
AsTRAon. — Martin, dites-leur que nous ferons pour
eux autant que Maréchal. Et c'est la vérité.
Ferrier, redescendant. — Ah 1 elle est forte, celle-là.... Savez-vous ce que me dit Justin? Il y a là une délégation... de filles. Oui: celles du trottoir. Elles viennent se plaindre des agents. Fichez-moi tout ça à la porte.
AsTRAUD, vivement. — Attendez! Je vais les recevon-. Elles ont des amis qui votent.
Astraud, Martin et le fourrier Justin sortent, Louis est entré. Louis, remettant une carte au maire. — Cette dame désire
parler à monsieur le maire.
Ferrier, regardant la carte. — Madame Ravaul?... Ra^ vaut?... Connais pas. |
Louis. — • J'ai dit que monsieur le maire est occupéj
Elle insiste. ,
Ferrier. — Qu'est-ce que c'est? une solliciteusef
Qu'est-ce qu'elle veut? des bons de pain?
Louis. Ah! non, monsieur le maire. C'est uiB
dame très bien.
Ferrier — Enfin, qu'elle entre. |
Louis sort.